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Thứ Ba, 28 tháng 8, 2012

(12) LES ORIGINES DE L'INFLATION DU VIETNAM D'APRES L'APPROCHE MONETARISTE

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(12) LES ORIGINES DE L'INFLATION DU VIETNAM D'APRES L'APPROCHE MONETARISTE:
 
Section 2: La faiblesse des ressources non-inflationnistes pour financer le déficit budgétaire dans le cas du VIET-NAM

            Nous avons vu les causes essentielles des déficits budgétaires du gouvernement vietnamien depuis le commencement de la construction économique débuté en 1976. Il s'agit non seulement des dépenses budgétaires excessives pour le secteur économique public et les ambitions d'investissement énorme, mais aussi de la chute continue du taux de mobilisation des recettes fiscales. Ces analyses ont également montré le caractère inflationniste dans les mécanismes de recettes et de dépenses budgétaires. Cependant, l'important n'est plus seulement le déficit budgétaire pris en soi, mais la nature et le volume des contreparties financières mobilisées pour le couvrir[1]. La mode du financement du déficit budgétaire du gouvernement vietnamien avant les réformes a un rôle décisif sur l'évolution de l'inflation au Viet-nam[2]. Selon la littérature économique, il existe trois façons de couvrir les déficits budgétaires: l'emprunt domestique, l'emprunt étranger et l'émission monétaire, dont les deux premières n'ont aucun impact inflationniste tandis que le dernière a l'effet inflationniste, ce raisonnement indique aussi que lorsque le financement du déficit budgétaire est mixte, son impact inflationniste sera fonction de la part de l'émission monétaire dans ce financement[3].
            Au Viet-nam, la politique des recettes et des dépenses publiques a provoqué un taux de déficit budgétaire toujours élevé au cours des années 1976-89 et la majorité absolue de ce déficit est financée par le crédit de la Banque Centrale et les dons et l'emprunt étrangers, essentiellement en provenance des pays COMECON[4]. C'est aussi une des caractéristiques communes des pays en développement à faible revenu. Par conséquent, le déficit budgétaire devient à l'origine directe du processus inflationniste. Mais, d'abord nous étudions les difficultés du gouvernement dans la mobilisation des ressources non-inflationnistes pour financer ses déficits budgétaires.

            1- Les difficultés de l'emprunt domestique

           
            L'emprunt domestique s'explique par le fait que l'Etat emprunte des ressources financières auprès des épargnants domestiques pour combler son déficit budgétaire. Les emprunts domestiques atténuent l'effet inflationniste du déficit budgétaire bien que les dépenses budgétaires excessives qui créent les déficits budgétaires et les tensions inflationnistes, aient une structure et un effet inflationniste. Ils peuvent être réalisés sous forme de l'émission d'obligations ou de celle de bons du Trésor négociables, etc.
            Le gouvernement vietnamien s'est reposé essentiellement sur l'aide étranger et l'émission monétaire avant 1992, et sur l'emprunt domestique et étranger depuis 1992. Le graphique 3.2 montre qu'en la période de 1976-90, les emprunts aux ménages pour le financement du déficit budgétaire étaient très bas (toujours moins de 4%). Par contre, depuis 1991, ce crédit a augmenté brusquement à 7,6%; puis 51,1% en 92 et 91,7% en 1995. Ce taux s'accroît de façon continue depuis 1991 sauf en 1993 à cause du retour soudain de l'aide extérieure (essentiellement de l'aide financière du gouvernement japonais).

     Graphique 3.2: Le taux de financement du déficit budgétaire par l'emprunt domestique (%)
       

            L'emprunt de la population pour financer les dépenses budgétaires en nature est de transférer une part des revenus de la population aux mains du gouvernement, ce fait ne crée pas de modifications dans l'équilibre monétaire et n'influence pas le marché des biens. Ainsi, il ne crée pas des pressions inflationnistes. C'est pour cela que, comme on le constate à partir du graphique 3.2, dans les périodes de la part d'emprunt domestique élevée, l'inflation était au niveau le plus faible (1992-96).
            Durant toute la période depuis 1975 jusqu'à la fin de 1991, l'Etat vietnamien n'utilise presque pas les politiques de mobilisation des capitaux stockés chez les habitants pour financer ses déficits budgétaire[5]. Fforde et Goldstone estiment aussi que le gouvernement vietnamien échappait généralement, jusqu'à 1991, d'émettre ses bons pour financer ses déficits budgétaires[6]. Comme d'autres gouvernement dans les pays en développement, il trouve que l'émission monétaire pour financer les dépenses budgétaires est simple et moins chère[7], donc il les finance en émission monétaire, ce qui provoque la demande de la monnaie au budget plus grande que la quantité monétaire nécessaire pour la circulation et par conséquent, l'inflation de plus en plus élevée[8].       A l'époque, l'Etat presse la population d'acheter ses obligations de moyen et long terme (5-10 ans) avec les taux d'intérêt nominaux très bas, effectivement les taux d'intérêt réels sont très négatifs[9]. Dans cette situation, tout le monde comprend que l'achat d'obligation est une façon de payer l'impôt au budget d'Etat sans l'intérêt pour les acheteurs. Sous la résistance des habitants et l'inflation très élevée, les vagues de vente d'obligations et de bons au milieu des années 1980s existaient courtes[10]. Le graphique indique que la valeur augmentée annuellement de la dette publique est très faible, par conséquent, la dette publique représentait toujours moins de 1% des recettes budgétaires du gouvernement, c'est à dire, d'après Fforde (1995), la petite envergure de l'emprunt domestique avant 1992 conduit à la conséquence que les dettes gouvernementales domestiques du Viet-nam sont petites[11]. D'après Hao, l'emprunt domestique rationnel devrait se limiter au sous le seuil de 20% des recettes budgétaires totales, alors que l'emprunt étranger est sous 25% de la valeur de l'exportation[12]. En 1992-96, l'Etat a remboursé toutes les dettes empruntées en période 1981-89 avec une valeur totale de 600 milliards de dông[13]. En fait, le taux d'intérêt très négatif avant 1992 a réduit dramatiquement la valeur réelle de ses dettes.
            Depuis 1991, après avoir formé le Trésor d'Etat, pour ne plus monétiser les déficits budgétaires, l'Etat recommence à vendre avec l'envergure faible ses bons de Trésor pour financer ses déficits budgétaires. D'abord, l'Etat oblige les entreprises fonctionnant en bénéfice et les banques publiques de les acheter, ensuite, grâce à la chute de l'inflation et un taux d'inflation faible, l'effet positif des émissions de bons augmentent, plusieurs vagues de vendre l'obligation se sont produites[14]. La façon de vente des obligation change de nature. Le principe du taux d'intérêt réel positif est assuré pour d'une part, maintenir, et d'autre part, augmenter la valeur réelle de la fortune des acheteurs. Comme le taux d'inflation chute fortement, les taux d'intérêt réels deviennent très élevés, la vente des obligations attire donc un bon nombre d'acheteurs, même les habitants commencent à faire affaire sur l'achat des obligations. Le temps de remboursement est aussi plus souple, 1-3 ans, dans le contexte de l'inflation stable, ce qui maintient la confiance de la population vis-à-vis d'achat des obligations. Les détenteurs d'obligations sont autorités de transférer, revendre et racheter leurs obligations librement ou implicitement de façon facile.
            En deux ans 1991-92, l'Etat a vendu 1790 milliard de dông de bons d'Etat, en 1993: 3460 milliards et en 1994: 4500 milliards, et c'est grâce à la vente de ces bons de Trésor que l'Etat réduit et arrive à supprimer l'émission monétaire pour financer le déficit budgétaire[15]. D'après le ministère vietnamien des finances, la valeur des obligations vendues a passé de 131 milliards de dông en 1991 à 1373 en 1992, 2500 en 1993, 2330 en 1994 et 1697 milliards en 1995.
            En général, en période 1991-95, 40-50% du déficit budgétaire est financé par l'emprunt de la population, mais car la plupart est emprunt de court terme (3 mois, 6 mois, 1 an, 2 ans et 3 ans), l'Etat le rembourse annuellement et sa dette est donc toujours faible. Pourtant, comme le taux d'intérêt très élevé (le taux d'intérêt réel supérieur à le taux de croissance économique), l'emprunt de court terme n'est que provisoire, il n'est pas la solution durable pour traiter le déficit budgétaire puisque dan l'avenir, il créera la charge importante au budget et devient une source du déficit budgétaire et de l'inflation. Dans l'avenir, le gouvernement vietnamien doit émettre des obligations de long terme, ou au moins, de moyen terme, avec le taux d'intérêt approprié pour financer son déficit budgétaire[16].
            Le renforcement de l'utilisation des obligations pour financer les déficits budgétaires peuvent entraîner l'accroissement de la dette publique bien qu'il soit une meilleure solution par rapport à l'émission monétaire qui porte le caractère inflationniste et l'instabilité du système monétaire. En fait, d'une part, on voit une augmentation de la dette publique en cinq ans 1992-97 bien que sa taille soit encore faible puisque la dette publique ne représente que ...% des recettes budgétaires, et d'autre part, la part des intérêts de la dette dans les dépenses budgétaires augmente  par le fait que le taux d'intérêt réel appliqué envers les bons et obligations est très élevé.
            Actuellement, l'emprunt intérieur faible entraîne la suppression de plusieurs plans d'investissement de l'Etat, surtout des projets d'infrastructure, ce qui risque de baisser le taux de croissance économique de long terme, cependant, l'emprunt intérieur pour la plupart est à court terme avec l'intérêt réel élevé, donc la dette publique double après tous les deux ans, elle devient une charge importante pour le budget de l'Etat[17].
            Dans la condition concrète du Viet-nam, avant 1992, cet emprunt se limite par diverses causes, notamment la faiblesse du niveau de l'épargne des habitants résultée de la faiblesse du niveau du développement économique, les guerres et tensions militaires, le manque d'un marché monétaire et d'un marché du capital domestique, ainsi que la faiblesse de la politique monétaire et du taux d'intérêt.

            A) La faiblesse du niveau du développement économique
            Pendant la période communiste, le revenu national du Viet-nam était évalué selon la méthode soviétique, excluant notamment le secteur des services de la comptabilité nationale et utilisant des prix sans rapport avec les prix d'équilibre de marché[18]. A partir de 1990, le Viet-nam commence à utiliser le système de comptabilité des Nations Unies pour une estimation plus complète du PIB. Cette nouvelle méthode a été aussi utilisée dans l'évaluation des performances économiques de la période 1986-89. Pour les performances de la période avant 1986, bien qu'il n'y ait pas de décision officielle de la part des autorités compétentes, on reconnaît implicitement dans les rapports officiels, les taux de croissance du PIB à l'époque équivalents à ceux du revenu national productif dans le système de comptabilité socialiste, c'est à dire les taux de croissance du PIB du secteur des services et d'autres facteurs contribuables au PIB sont égaux à celui du secteur de la production matérielle[19]. Par conséquent, des incertitudes importantes demeurent toujours à propos du PIB du Viet-nam et de sa comparaison avec d'autres pays[20].
            Selon les rapports des organisations internationales, le Viet-nam se trouve parmi des pays les plus pauvres du monde. A côté des chiffres des organisations internationales, le Département Général de la Statistique du Viet-nam nous donne les chiffres suivants:

            Tableau 3.4: Le PIB par tête du Viet-nam en dollars courants ($US par tête)

 1976
 1977
 1978
 1979
 1980
 1981
 1982
 1983
 1984
 1985
 PIB
  23,2
  24,0
 25,7
  26,4
  30,9
  25,0
  33,2
  33,7
  35,4
 33,5

 1986
 1987
 1988
 1989
 1990
 1991
 1992
 1993
 1994
 1995
 PIB
  34
  31
  42
  106
  140
  120
  143
  181
  214
  274
Source: - Vietnamese Financial Economic Data 1955-1986, GSO, Viêt-nam, chiffres 1976-85;
              - General Statistical Office of Vietnam "Statistical Yearbook", repris dans Fforde A. and Goldstone A. "Vietnam to 2005 - Advancing on All Fronts", p. 11, chiffres 1986-93, les données de 1994-95 sont corrigées par nous selon Statistical Yearbook, 1996.

            - D'une part, avec un PIB par tête estimé avant 1988 est de moins de 42 USD, ensuite 100-143 USD/an pour la période 1989-92 et moins de 300 USD en 1995-96, il est clair que le Viet-nam est très pauvre par rapport au critère mondial[21]. Selon la classification de la Banque Mondiale en 1995, seuls le Mozambique, la Tanzanie, l'Ethiopie et la Serra Leone apparaissent plus pauvres que le Viet-nam[22].
            Quelques observateurs internationaux estiment que le Viet-nam est moins pauvre que apprait-t-il, surtout quand on regarde les indicateurs sociaux du Viet-nam comme la santé ou l'éducation. Ils estiment que le PIB du Viet-nam est probablement sous évalué car le système statistique de ce pays est en état très initial[23]. Une conclusion similaire a été faite par certaines institutions financières internationales comme le PNUD ou la Banque Mondiale (1991-94).
            En fait, dans les pays où l'agriculture est l'occupation majeure de la population, la croissance de l'alimentation utilisée, consommée par les familles elles-mêmes, non-marchétisée, n'est pas souvent mesurée dans le PIB jusqu'à la date quand le système statistique de ce pays atteint à un niveau de sophistication[24]. Guillaumont (1994) a la même remarque pour les pays à économie souterraine développée. C'est aussi le cas du Viet-nam, le gouvernement vietnamien et les observateurs internationaux tous reconnaissent une proportion large des activités d'affaires sont hors de la statistique[25]. Enfin, Fforde et Goldstone évaluent qu'il y a plusieurs raisons pour croire que le PIB du Viet-nam est sous estimé, probablement de 50 à 100%[26], ce qui ramène le PIB par tête du Viet-nam en 1993 à 225-300 $US. De Vienne estime que le PNB par tête du Viet-nam doit être de 340 $US en 1992, c'est à dire 2,4 fois supérieur au chiffre dans le tableau 3.4, en se basant sur une régression du PNB per capita sur la production d'électricité per capita en Asie, sur la période 1986-92[27], etc.
            Les économies traditionnelles vivent de façon de l'autoconsommation, mal mesurée dans le PNB puisqu'il n'y a pas d'échange de biens, par ailleurs, les PNB par habitant sont calculés par rapport au dollar dans les comparaisons internationales, c'est pour cela qu'ils n'indiquent pas forcément le pouvoir d'achat effectif dans le pays considéré[28]. En 1993, le FMI a modifié ses modes de calcul des PIB, en se fondant non plus sur les taux de change courants des monnaies nationales par rapport au dollar, mais sur les taux de change pondérés en termes de pouvoir d'achat effectif. Les résultats de cette nouvelle méthode sont spectaculaires avec beaucoup de modifications de la carte économique mondiale[29]. En appliquant cette mode de calcul pour le cas du Viet-nam, la Banque Mondiale évalue que le PIB par tête du Viet-nam devrait être d'environ 1000 $US en 1989 alors que le FMI estime une chiffre de 1143 $US en 1991[30]. Cependant, cette méthode de calcul ne classe le Viet-nam qu'au niveau de Taiwan ou de la Thaïlande en 1960, ou encore de la Chine en 1975 selon la remarque de Riedel (1993)[31].
            - D'autre part, il existe plusieurs données soutenant l'optique que le niveau de vie réel de la plupart des vietnamiens s'est considérablement amélioré durant le processus de réformes, et il semble que le niveau de vie s'améliore le plus rapide dans les années où l'Etat soutient les réformes (1980-84, depuis 1989) et la situation devient médiocre lorsque la politique de l'Etat va inversement à la tendance de réforme spontanée (1985-88)[32]. Fforde et De Vylder (1996) ont analysé les situations dans l'industrie et dans l'agriculture pour prouver cette remarque, notamment, ils soulignent que l'on ne peut pas considérer tous les licenciés du secteur public comme victimes des réformes parce que la plupart d'entre eux ont trouvé des meilleurs emplois dans le secteur non étatique, qui sont créés par les réformes eux-mêmes[33].
            Ainsi, avec les estimations les plus optimistes, la réalité montre toujours que le Viet-nam est un pays très pauvre. Van Arkadie conclut que malgré d'autres calculs dans le future, il est clair que le PIB par tête du Viet-nam est trop bas et ce chiffre classe le Viet-nam au rang des pays les plus sous-développés, au moins qu'il soit le plus sous-développé en aspect de la structure économique avec une grande partie de la population dépendant de la production agricole à rendement instable[34]. Dans cette situation, la plupart du revenu de la population doit servir aux demandes essentielles de vie, en conséquence, l'épargne des habitants est très faible, ce qui entraîne la faiblesse de la population dans l'offre financière pour compenser le déficit budgétaire. C'est ce que nous allons montrer dans le paragraphe suivant.

            B) La faiblesse de l'épargne de la population
            L'une des causes objectives de la faiblesse des emprunts domestiques pour financer le déficit budgétaire du gouvernement vietnamien avant 1990 est le fait que la capacité de l'emprunt domestique est limitée par le revenu et le niveau de vie très faible de la population. Le revenu est le facteur au premier rang de la détermination de l'épargne[35]. Dans son étude en 1985, Guillaumont a listé plusieurs études empiriques internationales qui montrent une relation significative entre l'épargne des ménages et le revenu par tête[36]. Lors que le revenu par tête faible, la plupart des revenus monétaires des habitants ont été utilisés dans l'objectif de consommation pour les marchandises essentielles. La part de l'épargne monétaire est faible et provisoire à la fois, donc elle a été très souvent déposée à la banque sous la forme de dépôt à vue.
            La capacité d'épargne très faible de l'économie vietnamienne et la mode d'utilisation inefficace des capitaux d'investissement sont les caractères essentiels d'un modèle traditionnel, et cela explique pourquoi la croissance économique était faible et les pressions inflationnistes deviennent de plus en plus élevées[37]. D'après les données officielles, la situation s'est passée exactement comme cette remarque dans le déroulement de transition. Le taux du revenu national réservé à l'accumulation est bas et instable à la fois. D'après Fforde et De Vylder, au milieu de la décennie quatre-vingt, ce taux a augmenté et atteint le niveau maximal de 16% du revenu national productif en 1985, mais tout de suite, il stagne pendant la période 1986-88 puisque la situation financière devient médiocre et les efforts de stabilisation économique exigent de réduire les dépenses publiques. Pareillement aux cas d'autres pays en ajustement structurel, la réduction des investissements publics est plus facile que celle des dépenses courantes. Par conséquent, le taux de l'investissement de l'Etat baisse à 9% du revenu national productif en 1990[38].
            Le tableau 3.5 montre la faible contribution de l'épargne de la population dans l'investissement total du pays, sa part relative dans le PIB est très négative en 1986: -5,38%, c'est à dire au lieu d'investissement, le secteur privé utilise l'épargne de l'Etat et des ressources extérieures à consommer. En période 1988-90, le taux d'investissement du secteur privé était toujours faible, il n'occupe que de 8% du total de l'investissement de l'économie. Ce fait justifie l'épargne faible du secteur privé et de la population.

            Tableau 3.5: Les origines de l'investissement (% sur le PIB)

  1986
  1988 
  1990
  1992
  1993
  1994
  1995
Total
  11,72
  14,37
 14,36
 17,64
  25,13
 25,47
 26,29
1. Epargne du gouvernement
   2,96
  -1,34 
   1,78
  5,24
   5,43 
  5,31
  7,49
2. Epargne des habitants
  -5,38
   1,16
   1,13
  8,53
   9,36
  9,69
 11,0
3. Ressource extérieure
  11,65 
  12,86
   9,24
  4,09
   9,0
  9,86
  8,33
4. Autres ressources
   2,49
   1,69
   2,22
 -0,22
   1,33
  0,62
  0,53
Source: Rapport du Ministère du Plan et de l'Investissement (MPI), Août 1995.

            Peter Stephens estime que d'après la norme internationale, à la fin de 1994, 51% de la population du Viet-nam vivent sous le seuil de pauvreté, dont plus de la moitié appartient au delta du Fleuve Cuu Long, qui est la zone la plus fertile du Viet-nam. Dans son rapport, le taux de pauvreté la plus faible est au Sud-Est du fleuve Cuu long: 33%, alors que la plus élevée est au montagne du Nord: 72%. Spécialement, son rapport souligne le décalage pauvre et riche entre les zones urbaines et rurales: les pauvres occupent 57% à la campagne, tandis qu'en ville, elles sont de 26%, les paysans occupent 90% des pauvres du pays[39]. Fforde et Goldstone ont aussi les mêmes remarques[40].
            Le graphique 3.4 montre le ratio des dépenses par rapport aux revenus d'une famille paysanne vietnamienne en 1990 pour le pays en général et pour 5 provinces représentatives en particulier[41]. Il prouve que dans tous ces cas, les dépenses dépassent le revenu, donc, il n'y a pas de vraie épargne.

        Graphique 3.3: Le ratio dépense par rapport au revenu d'une famille paysanne en 1990
        

            Cependant, le tableau 3.5 nous indique un taux très faible de l'épargne des familles paysannes vietnamiennes, il s'agit seulement de 1,4% du total des dépenses mensuelles destiné à l'épargne. Par contre, 70% des dépenses sont utilisées dans l'objectif de la consommation pour exister et 20% autres destinées à la reproduction. En reconnaissant la faiblesse de l'épargne domestique et en estimant que l'emprunt intérieur n'est pas la source viable afin de financer le déficit budgétaire, la Banque Mondiale a préconisé le Viet-nam de réduire de façon urgente la taille du déficit budgétaire en période de transition[42]. Hao (1993) estime que le revenu par tête trop bas, qui ne répond qu'à la consommation courante au niveau minimal, ne permet pas l'Etat d'augmenter le taux de mobilisation en plus au budget et emprunter pour financer le déficit budgétaire avant les réformes 1989[43].

            Tableau 3.6: La structure des dépenses d'une famille paysanne au Viet-nam (%)

 Total
Pour dépenses
courantes
Pour la
production
Pour
l'épargne
Pour autres
objectifs
Général du pays
  100
       69,2
       19,8
         1,4
         9,6
 - Ha Noi (ville)
  100
       66,8
       19,4
         1,3
       12,5
 - Hai Phong (ville)
  100
       67,9
       17,3
         1,5
       13,3
 - Vinh Phu
  100
       70,9
       17,5
         2,2
         9,4
 - Nghe Tinh
  100
       70,4
       22,0
         1,0
         6,6
 - Tien Giang
  100
       72,8
       19,1
         2,4
         5,7
Source: Statistical Data of the Socialist Republic of Vietnam, 1986-91, Statistical Publishing House, GSO, Hanoi, 1992, p.113.

            Face à la faible capacité de l'achat d'obligation de la population, les vagues de vente des obligations de l'Etat avant 1989 se sont toujours portées le caractère obligatoire, les gens ont du obliger de les acheter, après, plusieurs ménages n'ont les gardé pas, car elles estiment que leur valeur future est nulle à cause de l'inflation élevée.
            Toutefois, selon Fforde et De Vylder, l'un des succès les plus remarquables de l'économie vietnamienne dans la période après 1989 est la croissance rapide de l'épargne et l'investissement par rapport au PIB (tableau 3.5), bien que cet événement ne se soit pas passé immédiatement, même jusqu'en 1994, on redoute encore profondément si le Viet-nam peut mobiliser suffisamment l'épargne pour financer les taux de croissance économique de plus en plus élevés, si non, la politique expansionniste reconduit à l'augmentation des déficits budgétaires et des émissions monétaires, origines de l'inflation[44].
            Mais, en réalité, l'investissement privé a vite augmenté depuis 1989 pour remplacer l'investissement public qui a considérablement baissé à cause de la suppression de l'aide soviétique et de la stagnation du budget d'Etat réserve à l'investissement[45]. Il existe plusieurs facteurs pour expliquer cette évolution, parmi eux, ce sont la modification des termes de l'échange en faveur de l'agriculture, le renforcement du système de contrat forfaitaire, une réduction de la taxation du secteur agricole et la stimulation d'activités rurales non-agricoles.

            C) Les tensions militaires et la pression de la demande pour la défense
            La guerre et la tension militaire sont facteurs très importants influençant la mobilisation de l'épargne des habitants pour financer le déficit budgétaire. Durant la guerre et tension militaire, l'Etat peut augmenter les taux fiscaux et mobiliser l'épargne par les mesures forcées, comme le montre la théorie de l'effet de déplacement de Peacock et Wiseman, mais il est très difficile de vendre l'obligation et le bons par la voie d'achat volontaire des habitants. En réalité, l'expérience de plusieurs dizaines années de guerres prouve à la population vietnamienne que:
            - Tous les habitants devraient conserver leurs épargnes chez eux pour faire face à des difficultés sans prévues dans la guerre et tension militaire, surtout pour assurer la vie de leur famille en cas de déplacement.
            - La plupart des obligations et bons achetés en période de guerre ne sont pas remboursés, soit parce que les gens ne gardent pas ces certificats, soit car ils sont perdus dans le processus de guerre, et soit par les procédures trop compliquées dans la demande de remboursement.
            - Dans la condition de l'inflation et avec la nécessité de la liquidité, la plupart des épargnes sont converties en or ou en devises, donc il est difficile de demander les gens de reconvertir leurs épargnes en monnaie pour acheter les obligations de l'Etat.
            Jusqu'à l'heure actuelle, bien que l'on ne dispose pas de statistiques sur le patrimoine des ménages, il est reconnu qu'ils placent encore l'essentiel de leur épargne en or, en devises et dans l'immobilier[46].
            Ainsi, sous la pression de l'état de guerre et de tension militaire en période 1976-84, à côté du facteur de l'inflation élevé, naturellement, les habitants vietnamiens ne veulent pas acheter l'obligation et le bons vendus par l'Etat. C'est pour cela que les vagues de vente des obligations à l'époque se portent le caractère obligatoire, forcé, visant essentiellement aux entreprises privées, à petits commerçants et aux fonctionnaires de l'Etat[47]. Ces gens doivent acheter involontairement afin de garder la vie normale et leur emploi. L'Etat vietnamien comprend cette vérité, donc, il a essayé de limiter d'utiliser cette mesure[48].

            D) La faiblesse du marché de capitaux
            Avant 1991, en réalité, il n'existe pas d'un marché de capital au Viet-nam, bien que l'Etat et la Banque d'Etat aient émis des fois, des obligations, les détenteurs n'ont aucune capacité de les vendre avant l'échéance, c'est à dire il n'existe que le marché primaire, non secondaire[49]. Dans cette situation, il est très difficile de vendre les obligations d'Etat. Cependant, depuis cette date, on voit que les marchés des capitaux ont été apparus spontanément et implicitement à l'étape très initiale.
            Actuellement, il existe plusieurs institutions concernant le marché des capitaux: (1) La formation et le développement du système bancaire à deux niveaux qui crée lui même plusieurs sortes de capital indirect. Les banques émettent également les effets bancaires qui peuvent être revendus dans le marché. Ensuite, la formation et le développement des marchés interbancaires de devises et de la monnaie locale ont poussé la circulation des capitaux entre les agents dans toute l’économie; (2) Il apparaît plusieurs nouvelles formes d’entreprises comme les compagnies à responsabilité limitée, les compagnies d’action, les entreprises mixtes et les entreprises à investissement étranger, ce qui fait apparaître plusieurs sortes de titres de valeurs et ils ont besoin d’être échangés ouvertement entre les propriétaires. (3) Le système du Trésor d’Etat  émet régulièrement les obligations, les valeurs fiduciaires afin de mobiliser l’épargne disponible pour servir la demande de l’investissement et de la consommation budgétaire. Ces titres de valeurs ont besoin également d’être revendu, donc leur existence réclame la création d’un marché des titres, même implicite. (4) Les organismes de crédit à la campagne sont rétablis et se développent fortement grâce à l’utilisation des obligations d’Etat comme l’objet hypothèque, donc ils commercialisent ces obligations. Enfin, en juin 1994, l'Etat a adopté la loi sur l'obligation d'Etat.
            Le développement de ces institutions crée implicitement tous les trois types des marchés de capitaux qui sont la Bourse d’Etat, le marché des obligations et le marché des actions. En fait, selon la définition de l ’économie de marché, le titre est un papier de valeur échangeable dans le marché des capitaux, donc au Viet-nam, il existe plusieurs sortes de titres comme les effets bancaires, titres fiduciaires du Trésor, obligations de l’Etat, actions des compagnies d’action, obligations des provinces et des grandes entreprises publiques. Bien que ces papiers de valeurs portent pour la plupart le nom des propriétaires, ils sont échangeables de façon très facile dans le mécanisme du marché de type vietnamien actuel.
            Pour le marché primaire, il existe naturellement quand l’Etat, la Banque Centrale, les compagnies d’action émettent les papiers de valeur. Il est clair que ce marché se fonctionne de plus en plus fortement et est en cours de devenir une source importante pour financer aux grandes entreprises et au budget d’Etat. Jusqu’à maintenant, les activités sur ce marché se sont bien produites puisque les émetteurs sont des meilleurs de l'économie. Cependant, comme il vient d’être créé, ses activités sont encore initiales, non-concurrentes et non-utilisant des techniques des marchés de capitaux internationaux.
            Pour le marché secondaire, bien que le gouvernement vietnamien ne promulgue pas encore d’ordonnance sur l’achat-vente des titres de valeur émis, donc il n’existe pas ouvertement ce marché, mais en réalité, il se fonctionne sous forme implicite et les agents de l’Etat le reconnaît aussi implicitement. Les propriétaires peuvent cèdent leur droit de la propriété avant l’échéance sans difficulté et les nouveaux propriétaires peuvent recevoir facilement leur argent à l’échéance de remboursement malgré que les titres portent les noms des anciens propriétaires. En juin et juillet 1994, l'Etat a émis deux premières vagues de vendre l'obligation anonyme qui se facilite à échanger. Cependant, depuis, il n'existe pas autre vente de ce type d'obligation.
            Néanmoins, ces marchés sont encore très petits et fonctionnent d’après les principes de l’économie informelle. Il est évident qu’une fois que l’Etat ne le reconnaît pas officiellement et n’ouvre pas une Bourse officielle, ces marchés spontanés se développera très lentement et tomberont dans des crises sans anticipation. En effet, (1) Les titres sont très souvent les emprunts à petite valeur, leur quantité émise sont limitée, donc l’envergure des marchés sont faible; (2) La plupart des procédures du transfert des titres sont implicites, illégales comme le transfert d’une voiture mais sans changer le nom de propriétaire. Cela entraîne facilement des litiges et plaides. Malgré cette situation, l’Etat n’organise pas des organismes d’arbitrage ou bien ceux qui participent à ces marchés pour guider l’orientation de leur développement; (3) Le prix de ces titres est fixé par l’avance, contrairement au principe de l’enchère du mécanisme de marché, de plus, comme ils portent très souvent le nom de leur propriétaire, donc il n’est pas possible de revente de plusieurs fois, cela crée également des corruptions au sein des organismes de recevoir les titres à l’échéance.           En bref, jusqu'à l'heure actuelle, le développement des marchés des capitaux au Viet-nam est encore très initiale et le risque est élevé. Dans cette situation, selon McKinnon, le gouvernement ne peut vendre directement ses bons et obligations à la population, donc il doit avoir recours à l'émission monétaire pour augmenter son revenu[50]. Cela demande l’Etat à la fois de garder solidement la stabilité économique et de construire rapidement les marchés des capitaux officiels afin d’établir les bases stables pour exister et développer les marchés des capitaux informels actuels. Ce développement sera la base majeure de la politique de l'emprunt intérieur de l'Etat.

            E) Politique du taux d'intérêt et carte de confiance
            Avant les réformes, par l'incapacité de l'accumulation de capital en mobilisant l'épargne excédentaire dans l'économie pour l'objectif d'investissement, le gouvernement a créé un déficit budgétaire et pris l'émission monétaire pour le financer[51]. Cependant, la raison principale est le fait qu'à l'époque, l'Etat ne pensait pas que l'émission monétaire pour compenser le déficit budgétaire et les déficits des entreprises publiques a l'effet inflationniste, il a donc émis activement la monnaie au lieu de la mobilisation de l'épargne de la population[52]. D'autre part, la plupart des projets d'investissement avant 1989 n'ont pas d'efficacité économique, ce qui a entraîné une psychologie de la peur d'emprunt au sein des dirigeants du pays car les emprunts n'ayant pas d'efficacité seront la charge future au gouvernement[53]. Par conséquent, le gouvernement n'a eu aucun plan de l'emprunt domestique pour compenser les déficits budgétaires, comme il n'a pas eu des mesures de stimuler le processus de mobilisation d'épargne de la population au développement économique[54]. Ainsi, en réalité, le gouvernement accepte activement l'utilisation de la taxe d'inflation comme moyen de financement de son déficit budgétaire. Le taux d'inflation était très élevé et le taux d'intérêt réel des obligations d'Etat était très négatif. Les expériences des émissions de bons au milieu des années quatre-vingt ont prouvé la défaite à cause de l'inflation élevée[55].
            Toutefois, depuis les réformes 1989, on peut être frappé par la vitesse rapide avec laquelle les autorités vietnamiennes ont appris à utiliser certains instruments de politique économique typiquement capitalistes comme la gestion des réserves de change, ou le rôle des taux d'intérêt positifs, elles ont aussi joué la carte de la confiance et de la convertibilité dans le domaine monétaire avec succès[56].
            L'une des mesures importantes dans la lutte contre l'inflation au Viet-nam et dans le redressement de la confiance est le relèvement du taux d'intérêt au niveau très élevé. Cette politique dans la condition de l'inflation s'explique souvent par l'effet Fisher, qui dit que le taux d'intérêt nominal tente à approcher au taux réel en absence de l'inflation plus le taux d'inflation anticipé[57]. Bien que dans la situation actuelle, les taux d'intérêt nominaux puissent augmenter plus ou moins par rapport au niveau supposé par Fisher, on est d'accord que si le taux d'inflation anticipé augmente, le taux d'intérêt nominal doit augmenter à moins qu'il soit contrainté artificiellement par l'action du gouvernement[58].
            Au Viet-nam, comme l'évolution du taux d'intérêt des bons d'Etat se passe au pair au taux d'intérêt bancaire, on regarde ce dernier en absence des données concernant le premier. De Mars à la fin de 1989, les dépositeurs et emprunteurs, tous les deux, bénéficient les taux d'intérêt réel positifs. Les taux d'intérêt nominaux dans cette période s'attachent aux taux d'inflation des mois précédents plus un prime en pourcentage, par conséquent, les taux d'intérêt réels ont augmenté à un peu près de 10% par mois au milieu de l'année 1989 lorsque l'inflation baisse considérablement[59].
            La politique des taux d'intérêt réels positifs en 1989 avec la psychologie de confiance de la population au système bancaire de l'Etat font entrer le flux de plus en plus grand de l'argent liquide au système bancaire[60]. Plusieurs ménages ont transféré leurs épargnes de l'or et des devises en monnaie nationale et les déposé au système bancaire, par conséquent, le système bancaire a mobilisé successivement une grande quantité de monnaie[61]. Une part de cet argent est utilisée pour financer les déficits budgétaires sans caractère inflationniste, mais c'est seulement une solution provisoire en attendant le retour de l'émission des obligations de l'Etat[62]. On a également vu l'accroissement des devises fortes au système bancaire, qui servent à acheter des intrants dans les marchés des monnaies convertibles.
            L'effet du facteur de la confiance s'interprète dans le tableau 3.7, il montre que le taux d'intérêt créditeur et l'inflation sont au pair, mais selon la direction inverse. D'autre part, comme on le verra dans la section suivante, l'offre monétaire et l'inflation vont aussi au pair, sauf dans les périodes de l'accroissement ou de la chute de la confiance.

            Tableau 3.7: les taux d'intérêt principaux du Viet-nam (%/mois), à terme de 3 mois

1988
 1989
1990
1991
1992
1993
1994
 1995
1996
Taux créditeur
  4,8
   7,9
  4,25
  3,75
 2,7
  1,7
 1,4
  1,4
  1,1
Taux prêteur
  3,0
   4,4
  3,7
  2,5
 2,1
  2,1
 2,1
  2,1
  1,7
Décalage
 -1,8 
 -3,5
 -0,55 
 -1,25
 -0,6
  0,4
 0,7
  0,7
  0,6
Taux d'inflation
  18,0
  2,6
  4,4
  4,4
  1,3
  0,4
 1,0
  1,2
  0,35
Taux créditeur réel
 -14,2
  5,3
 -1,15
 -0,65
  1,4
  1,3
 0,4
  0,2
  0,75
Taux prêteur réel
 -15,0
  1,8
 -0,7
 -1,9
  0,9
  1,7
 1,1
  0,9
  1,35
Source: La Banque d'Etat du Viet-nam, Voir aussi dans "Viêt-nam - Statistical Tables", IMF Staff Country, Report N° 95/93, September 1995.

            Depuis sa création en 1990, l'objectif du Trésor d'Etat est de mobiliser le capital disponible de la population pour financer le déficit budgétaire. Le taux d'emprunt domestique a fortement augmenté comme nous avons en parlé au début de ce paragraphe. Cependant, il rencontre une contrainte majeure: le taux d'intérêt réel est toujours au niveau élevé résulté de la politique de la lutte contre l'inflation et de la consolidation de la confiance. En fait, lorsque les déficits budgétaires sont financés par l'emprunt domestique, les taux d'intérêt ont tendance à augmenter, ce qui entraîne une baisse de la consommation du secteur privé; ce changement dans les dépenses influence également le taux de change et la compétitivité de l'économie[63].
            Si l'Etat vend en grande quantité d'obligation, sa charge envers l'intérêt sera importante, donc, il a choisi la solution de vendre en petite quantité, mais avec le taux d'intérêt élevé, par exemple, en 1994, il réduit le déficit budgétaire à 700 millions de dollars, donc il ne vend que 100 millions de dollars d'obligations et de bons, ainsi, la ressource principale à financer le déficit budgétaire provient de l'étranger[64]. Cependant, les données officielles en 1994-95 montrent plus de 90% du déficit budgétaire est financé par les ressources intérieures. On peut poser une question si le gouvernement vietnamien continue d'utiliser l'émission monétaire afin de financer son déficit budgétaire ? Bien que le gouvernement ne le reconnaît pas, selon Fforde, il y a deux raisons pour faire croire: d'une part, en 1994, le Trésor d'Etat a emprunté environ 300 millions de dollars de la Banque Centrale, et d'autre part, le taux de croissance monétaire continue d'être supérieur à celui de croissance économique plus celui d'inflation[65]. Plusieurs économistes connus du Viet-nam reconnaissent largement cette vérité[66].
            Si un taux d'intérêt réel est gardé au niveau rationnel, l'argent mobilisé de la vente d'obligations créera une ressource importante pour que l'Etat puisse améliorer ses activités nécessaires, notamment dans la construction des bases d'infrastructure, qui sont la racine du développement économique durable. Cependant, le niveau élevé actuel des taux d'intérêt réels a des conséquences néfastes à la balance budgétaire. En réalité depuis dernières années, le taux d'intérêt nominal est toujours supérieur d'environ 3-5 fois au taux de croissance économique et ceci crée un taux d'intérêt réel plus élevé que le taux de croissance économique. Ce niveau élevé des taux d'intérêt réels est l'origine tout d'abord de la libéralisation totale des taux, ensuite d'une politique budgétaire et monétaire restrictive pour répondre les contraintes du retour de l'inflation et du financement budgétaire, car cette politique exige que les déficits budgétaire ne sont plus monétisés et doivent donc être financés par l'émission des titres portant l'intérêt ou par l'emprunt étranger. Mathématiquement, nous avons :
                                                PIB(t)   =   PIB(t-1) * (1 + g)
où g désigne le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) et t l'année t, et
                                                D(t)    =    D(t-1)   +   DD(t)
où D(t) désigne la dette publique de l'année t et DD(t) la dette publique augmentée dans l'année t. S'il n'y a pas de l'aide financière extérieure, DD(t) représente le déficit budgétaire de l'année t. Donc avec le taux d'intérêt réel rd, nous avons :
                                    D(t)  =   D(t-1) * (1 + rd)   +  DEFBUG(t)
avec DEFBUG le déficit budgétaire. Cette équation est équivalente à celle ci-dessous :
                                   
c'est à dire
                                               
où RD est le ratio d'endettement de l'année t et d le taux du déficit budgétaire par rapport au PIB. Comme rd et g sont faibles, (1+rd)/(1+g) = 1+rd-g, d'où :
                                                DRD =  RD(t-1) * (rd - g) + d
            D'après l'équation, si le taux d'intérêt est supérieur au taux de croissance du PIB (les deux taux étant exprimés tous les deux en terme soit réel, soit nominal), le taux d'endettement public augmentera rapidement malgré la hausse du PIB. La formule montre aussi la dépendance du taux d'endettement public au taux du déficit budgétaire. Donc, si l'Etat veut baisser sa dette, il lui faut baisser le taux de déficit budgétaire et le taux d'intérêt réel. Le Viet-nam en période de transition graduelle a eu les taux du déficit budgétaire et de la dette publique élevé, donc la hausse du taux d'intérêt influencera négativement le service de la dette du gouvernement, par conséquent les dépenses publiques et la désinflation durable.
            Harvard Institute for International Development conclut que l'accroissement rapide des recettes et dépenses budgétaires comme en période 1992-94 ne peut plus continuer puisque le taux de mobilisation fiscale par rapport au PIB est déjà très élevé, d'autre part, l'Etat vietnamien n'a qu'une possibilité limitée de l'emprunt financier dans son petit marché du capital domestique[67], donc le problème de la mobilisation du capital étranger devient important en période actuelle. C'est ce que nous allons étudier dans le paragraphe suivant.

            II- Les difficultés dans la mobilisation
                 des ressources extérieurs

            Les théories commentent largement sur l'effet de l'utilisation des ressources extérieures pour financer le déficit budgétaire. D'une part, l'emprunt étranger a l'effet d'alléger les pressions inflationnistes dans la période en cours, mais créera des tensions inflationnistes dans la période de remboursement des dettes, et d'autre part, le flux des devises venu dans le pays augmente, ce qui provoque une hausse de la valeur de la monnaie nationale et une appréciation du taux de change réel[68]. Les gouvernements peuvent et (font) largement appel aux emprunts extérieurs: une augmentation des emprunts publics de ce type n'a pas d'influence sur le taux d'intérêt interne; cependant, pour un pays pris isolément, il y a un risque d'éviction par le taux de change: il y a appréciation de la monnaie dans laquelle la dette libellée limite la compétitivité des produits nationaux, ce qui conduit à une éviction réelle[69].

 Graphique 3.4: Le taux de financement du déficit budgétaire par l'emprunt et aide étranger (%)
 

            Les données dans le graphique 3.4 montrent qu'avant 1985-86 et au cours des années 1990-93, le déficit budgétaire est principalement financé par l'aide et l'emprunt étranger (environ deux tiers du déficit budgétaires) tandis qu'en période de 1986-88 quand l'inflation était très élevée, l'aide et l'emprunt étranger (augmenté si on les calcule en devises) représentaient seulement un tiers du déficit[70]. Cela résulte d'un taux très élevé de l'émission monétaire et de la surévaluation du taux de change  pendant cette période. En 1990-91, grâce aux dévaluations successives du taux de change par rapport au dollar et au rouble, malgré la chute spectaculaire de l'aide extérieure, le rôle de ces ressources dans le financement du déficit budgétaire augmente considérablement.
            Bien que l'emprunt étranger pour financer les déficits budgétaires ne crée pas immédiatement l'inflation, une fois que la quantité d'emprunt étranger cumulée devient trop grande par rapport au potentiel économique du pays, son charge créera une pression très importante sur les dépenses budgétaires car les remboursements sont tirés du budget de l'Etat. Cette pression est évidemment une cause importante des pressions inflationnistes, c'est à dire un abus d'emprunt étranger est une source d'inflation. Il se peut le cas du Viet-nam dans les années qui viennent. Selon les documents du FMI et de la Banque Mondiale[71], le Viet-nam est listé parmi les pays les plus endettés du monde si l'on compare ses dettes par rapport au PIB ou à la valeur de l'exportation annuelle. Quoique la plupart des dettes n'arrivent pas à l'échéance de remboursement, durant la période 1990-1995, le gouvernement vietnamien a du prendre 6-10% du total des recettes budgétaires pour rembourser l'étranger. Dans les années qui viennent, la dette du Viet-nam continuera d'augmenter, même rapidement, donc les pressions inflationnistes à partir des dettes étrangères sont réalistes pour le Viet-nam.
            On voit une réalité au Viet-nam que la gestion des dettes et des emprunts est très relâchée. Il n'a pas un organisme unifié de surveiller les dettes. Il y a eu des périodes où tous les niveaux administratifs, les ministères, les provinces et les districts ont été autorisés d'emprunter le capital étranger, avec l'accord du Ministère des Finances. Plusieurs dettes ne sont pas enregistrées dans l'équilibre du budget de l'Etat. Le système du recensement des dettes étrangères est très mauvais, ce qui entraîne le fait que jusqu'à présent, le gouvernement central ne sait pas exactement la totalité des dettes étrangères à payer, ainsi que l'échéance de paiement de chaque dette. Il les sait seulement quand les banques étrangères réclament. La Banque centrale est autorisée de payer automatiquement tous les intérêts des dettes étrangères, mais pour rembourser le principal, elle doit l'informer au Premier Ministre et ce dernier est le décideur de payer.
            La faiblesse de la mobilisation des ressources financières étrangères pour financer le déficit budgétaire au Viet-nam en certaines périodes provient des causes ci-dessous:

            A) L'embargo international contre le Viet-nam depuis 1954 à 1994
            Tout de suite après l'accord de Paris sur le partage du Viet-nam en deux régions Nord et Sud en 1954, les Etats-Unis a imposé l'embargo économique et commercial au Nord. Ensuite, depuis la réunification du pays en 1975, l'embargo américain a été élargi au Viet-nam entier, bien qu'entre 1975-77, il y ait eu des négociations entre le Viet-nam et les Etats-Unis sur la normalisation de relations, mais le Viet-nam, en tant qu'un vainqueur de la guerre, réclame des conditions que n'acceptent pas les Etats-Unis. Cet embargo commercial américain a coupé l'assistance DAC et a poussé le Viet-nam à la dépendance des pays COMECON[72]. Le Viet-nam est victime de l'embargo américain jusqu'en 1994, de sorte qu'il n'a pas accès aux financements des institutions de Bretton Woods jusqu'en 1993, date à laquelle les Etats-Unis autorisent des dernières à intervenir dans ce pays[73].
            La politique de l'embargo des Etats-Unis depuis 1954 et ensuite, la sanction économique de la communauté internationale depuis l'intervention militaire au Cambodge en 1978 sont vraiment un grand obstacle pour le Viet-nam dans plusieurs aspects[74]. En premier lieu, elles entraînent la suspension presque totale de l'aide des pays occidentaux et des institutions financières internationales. En deuxième lieu, elles empêchent le Viet-nam d'importer dans les marchés mondiaux de haute technologie et de bon marché car son marché est réduit. En troisième lieu, le Viet-nam ne peut emprunter l'argent chez les institutions financières internationales et de grands pays occidentaux. Enfin, elles influencent négativement la politique d'attirance des investissements directs du Viet-nam. Les impacts de ces embargos internationaux sont d'autant plus sérieux qu'ils se sont produites en période où le Viet-nam réunifié a du supporter une large armée sous les conditions de manque des devises, de la chute de la production et de l'augmentation de l'inflation, il est aussi diplomatiquement isolé et a fait face des crises économiques[75].
            Avant les réformes, l'aide de la zone des monnaies convertibles pour le Viet-nam est très faible, en moyenne, elle était de 300 millions de dollars pour la période 1976-80; ensuite, elle baisait à 100 millions au début des années 1980 et tombe sous ce seuil durant toute la décennie quatre-vingt[76]. Irvin estime que l'intervention militaire vietnamienne au Cambodge à la fin de 1978 a provoqué l'abandon de l'aide occidentale d'environ 350 millions de dollars par an[77]. Un chiffre similaire a été cité par Van Arkadie, il souligne également que l'aide en 1986-87 ne reste qu'environ 150 millions de dollars par an, dont la part la plus importante provient de la Suède[78]. L'aide chinoise s'arrête également et suivant est le conflit frontière entre les deux pays. Malgré l'accroissement de l'aide du COMECON, elle ne peut pas compenser la perte de devises fortes[79].         Le tableau 3.8 montre une très faible quantité de l'aide et du prêt destinée au Viet-nam à l'époque, malgré que sa taille de la population est grande. Elle tombe jusqu'à 76,7 millions de dollars en 1983 ou 83,7 millions de dollars en 1987, c'est à dire environ 1-1,2 $US par tête.

 Tableau 3.8: Flux financier net investi au Viet-nam avant les réformes 1989 (millions de dollars)
Année
Total
Aide officielle
dont DAC
Flux privé
  1977
       305,2
        248,1   
        247,6
        57,1
  1978
       458,6
        369,6
        369,6
        89,0
  1979
       445,7
        356,1
        335,9
        90,2
  1980
       201,7
        227,1
        228,1
       -25,4
  1981
       302,6
        252,0
        242,0
        60,6
  1982
       137,8
        135,5
        135,5
          2,3
  1983
         76,7
        106,3
        105,9
       -29,6
  1984
       103,7
        109,2
        108,8
         -5,5
  1985
        93,3
        115,1
        114,0
       -21,8
  1986
       122,8
        146,9
        146,5
       -24,2
  1987
         83,7
        112,6
        111,0
       -28,2
  1988
       161,0
        148,3
        147,8
        12,7
  1989
       147,0
        139,7
        128,6
          7,3
            Source: Asian Development Bank, Major Economic Indicators of Asian and Pacific
            Countries, Vol. 22, July, 1991, Asian Development Outlook, 1985-91.

            Le maintien de l'embargo américain sur le commerce avec le Viet-nam et l'absence de financement en provenance des institutions de Bretton-Woods, FMI et Banque Mondiale, qui lui correspond, constituent un handicap considérable pour le Viet-nam dans sa politique d'ouverture vers l'extérieur[80].
            Le handicap a toutefois pu avoir, transitoirement, une contrepartie positive, il a été un facteur de mobilisation nationale en vue de la réforme, en tout cas d'appropriation interne des réformes[81]. Les réformes au Viet-nam ont bien été conçues et mises en oeuvre par l'administration vietnamienne elle-même, et non dans le but immédiat de disposer de ressources financières extérieures[82]. Cependant, l'embargo américain envers l'économie, le commerce et l'investissement ainsi que le manque des accords entre le Viet-nam et les institutions de Bretton Woods sont aussi un facteur important influence négativement l'attirance de l'investissement étranger direct du Viet-nam[83].
            Depuis 1987 au milieu de 1993, le gouvernement vietnamien commence à chercher, en vain, les ressources financières occidentales pour financer son déficit budgétaire, y compris l'emprunt multilatéral, bilatéral et l'investissement étranger direct[84]. Bien que le Viet-nam ait une loi généreuse et ouverte sur l'investissement étranger direct depuis 1987, la quantité des investissements entrant au Viet-nam est faible, résultée de contraintes de l'appareil administratif bureaucratique, de la faiblesse de l'infrastructure, mais aussi de la conséquence de la politique de l'embargo américain sur la finance et le commerce[85].
            Donc, le Viet-nam a mené successivement la transition économique avec très peu d'assistance des pays occidentaux et des institutions financières multilatérales, mais depuis le début de la décennie 1990, il faut souligner que le Viet-nam a grand besoin de l'aide étranger afin de réduire le manque de l'épargne - investissement et d'autres déséquilibres macro-économiques, diminuer la pauvreté et faciliter d'autres réformes économiques[86].
            La normalisation entre le Viet-nam et les Etats-Unis ne s'amorce vraiment que trois ans après la signature, à Paris en Octobre 1991, de l'accord de paix sur le Cambodge, dont le Viet-nam et les Etats-Unis sont des signataires. En juillet 1993, les Etats-Unis lève son veto sur le prêt multilatéral, qui ouvrit la voie du retour des aides de grande envergure des pays occidentaux[87]. En février 1994, les Etats-Unis lève l'embargo économique et commercial contre le Viet-nam. En Août 1994, le Sénat américain vote de lever le prêt, le crédit et l'assurance de l'administration américaine en faveur du Viet-nam. En juillet 1995, les Etats-Unis reconnaît officiellement le gouvernement vietnamien. En 1996, le Viet-nam accepte de rembourser 146 millions de dollars de dettes contractées auprès de Washington, par l'ancien régime de Saigon. En juin 1997, les Etats-Unis remboursent au Viet-nam 400 millions de dollars concernant l'utilisation des fortunes du régime de Saigon. Cependant, jusqu'à l'heure actuelle (1998), le Viet-nam ne bénéficie pas encore le critère de MFN (nations les plus favorisées).
            La levée de l'embargo américain a fait l'effet d'un coup de fouet: les organismes de crédit internationaux y financent désormais de grands travaux d'infrastructure[88], divers pays tour à tour renouent l'aide financière ADO et ONG, et l'investissement étranger direct est soutenu[89]. En octobre 1993, le Japon renoue l'aide au Viet-nam: 540 millions de dollars pour 1994, 660 millions de dollars pour 1995. Pour la France, il s'agit de 50 et 80 millions de dollars pour 1994-95 respectivement. Les réunions des pays donateurs entre 12/1993 et 12/1996 ont promis les aides annuelles de 1,86-2,2 milliards de dollars. Entre 1994-96, plusieurs pays donateurs, tels que la France, l'Allemagne, le Danemark, l'Angleterre, et notamment le Japon, ont signé des accords avec le Viet-nam sur l'arrangement de l'ancienne dette et sur la nouvelle aide. Grâce à ces accords, le taux de dette par rapport au PIB (moins de 35%) et le taux de service de la dette (moins de 10%) retrouvent au niveau acceptable, le Viet-nam est en cours de renégocier ses dettes commerciales de 1,2 milliards de dollars en fin 1993[90].
            Le problème depuis la levée de l'embargo est la faible capacité du Viet-nam dans l'absorption des flux d'aide et d'investissement disponible, cependant, désormais, le Viet-nam peut financer ses déficit du budget et du compte courant sans difficultés[91].
            En bref, l'embargo américain et international entre 1975-94 a empêché le Viet-nam de recevoir les ressources financières très nécessaires pour reconstruire un pays extrêmement pauvre, sorti de trente ans de guerres; cette politique a poussé le Viet-nam, d'une part, de recours inévitable à la monnaie pour financer son déficit budgétaire, et d'autre part, de se replier sur le bloc soviétique, alors que ce bloc est en cours d'entrer dans l'étape d'effondrement. 

            B) Les difficultés financières et la suppression de l'aide du bloc soviétique
            Face à l'embargo américain et à la disgrâce à Pékin, qui soutient les khmères Rouges alors au pouvoir en Cambodge, Hanoi doit se replier sur Moscou sur tous les domaines politique, militaire et économique[92]. Les réformes au Viet-nam commencent dès après l'intervention militaire au Cambodge et le conflit militaire avec la Chine, et en même temps, l'aide de la Chine et des pays occidentaux est coupé en 1979-80; ensuite, lorsque les réformes se sont accélérées dans les années 1989-90, l'aide soviétique est également suspendue. Dans tous ces deux cas, la croissance économique du Viet-nam augmente plus vite, mais dans le premier cas, l'inflation a monté tandis que dans le deuxième cas, elle a considérablement. baissé[93]. Dans le deuxième cas, le gouvernement vietnamien reconnaît que le pétrole a essentiellement remplacé la perte de l'aide soviétique dans le financement du déficit budgétaire[94]. Cependant, cela ne signifie pas que l'aide étrangère ne joue pas un rôle importante pour l'économie vietnamienne, au contraire, il est clair que la suppression de l'aide soviétique en marchandises a eu les impacts directs et indirects sur les pressions inflationnistes[95], et de toute façon, le choc à partir de l'effondrement du bloc soviétique est important pour le Viet-nam[96].
            D'après Azam, dès 1968, le Sud Viet-nam est typiquement victime du syndrome hollandais, entraîné par les dépenses excessives des occupants américains, l'armée américaine déverse des dollars dans les villes du Sud et les zones qui restent sous son contrôle. La guerre et l'aide américaine financent ainsi un énorme déficit de la balance des paiements, avec des exportations de 56,3 millions de dollars en 1973, face à des importations de 828,6 millions de dollars[97]. De plus, cet ancien grenier à riz du Viet-nam devient déficitaire, importe dès 1957 environ 1% de sa production et le taux de croissance a diminué tout au long de la période 1955-1975[98]. Par conséquent, une large fraction de la population du Sud devient directement dépendance de l'"enclave américaine" dans les domaines de la consommation de biens et de services[99], on estime que 60% des citadins sont employés dans le secteur des services liés aux besoins du corps expéditionnaire[100]. Il se crée ainsi un style de vie et un mode de consommation très occidentalisé, avec néanmoins une forte influence des produits japonais, qui rendra l'assimilation des populations du Sud dans le modèle du Nord très difficile, et qui participera probablement à l'échec de la collectivisation du Sud[101].
            De l'autre côté, le Nord Viet-nam devient de plus en plus déficitaire en ce qui concerne le commerce extérieur grâce à l'aide massive de l'URSS[102]. Ce dernier a accordé dans les années soixante dix environ 40% de son aide totale au développement au seul Nord Viet-nam, hors aide militaire[103]. Les deux tiers des importations sont couverts par l'aide soviétique en 1960-61 alors que depuis l'engagement massif des Etats-Unis en 1966, l'aide des pays communistes couvre 85-90% des importations du Nord Viet-nam en moyenne en 1969-72[104]. De plus en plus de biens de consommation sont importés des pays de l'Est, leur part dans les importations totales passant de 12% à 30% entre 1960-1975, et à partir de 1968, le Nord Viet-nam n'est plus autosuffisant en produits alimentaires[105].
            En juin 1978, le Viet-nam devient membre du COMECON et depuis cette date jusqu'en 1989-90, la relation commerciale avec ce bloc, surtout l'Union soviétique, domine totalement le domaine du commerce extérieur du Viet-nam. En fait, il apparaît comme un allié privilégié de l'URSS dans la région asiatique de l'Est, il en résulte un flux d'aide importante[106]. Il n'est presque pas possible de mesurer, même par une estimation provisoire, la valeur totale de l'aide du COMECON au Viet-nam puisque la relation économique et commerciale entre le Viet-nam et le COMECON couvrit un rayon très large, donc on ne peut deviner qu'un chiffre d'environ 80% du commerce extérieur du Viet-nam effectué avec le COMECON, dont le rouble transférable est utilisé comme unité de comptabilité et le taux d'échange de troc est très grand[107].
            Au milieu des années quatre-vingt, le déficit commercial du Viet-nam a dépassé 1 milliards de rouble par an bien que le taux de couverture exportation/importation vis-à-vis de l'Union soviétique de 1/4 au début des années 1980 ait monté à 1/3 en période 1986-88. Car le Viet-nam était toujours en grand déficit commercial, surtout avec l'Union soviétique, la plupart des importations du Viet-nam à l'époque ont été financées par les prêts à long terme et à taux d'intérêt bas; par conséquent, le Viet-nam accumule une dette de 8-10 milliards de rouble avec l'Union soviétique[108]. En 1980-83, l'aide des pays COMECON augmente lentement accompagnant un manque croissant de biens de consommation, même la valeur d'aide par tête diminue, mais, elle semble augmenter depuis 1984[109]. Les pays européens du COMECON ont aidé le Viet-nam avec une somme évaluée de 100-200 millions de rouble par an à l'époque[110].
            Hors de l'aide commerciale, le Viet-nam reçoit encore l'aide en équipements complets que ses valeurs totales pour la période 1986-90 sont estimées de 1,5 milliards de rouble, dont 10% sont gratuites; ces aides se concentrent à la construction de l'infrastructure et des usines électriques, à l'exploitation des ressources naturelles et au développement des plantes industrielles, cependant, il y a plusieurs débats sur la qualité de ces aides parce que ces constructions sont très grandes et gaspillées, et la plupart d'entre eux fonctionnent bien sous leur capacité prévue[111]. Les aides envers d'autres aspects sont aussi très abondantes, par exemple, dans le domaine de technique et d'éducation, plus de 170 milles vietnamiens sont formés en Union soviétique alors que une centaine milles autres sont formés dans d'autres pays de l'Est[112].
            Ces aides étrangères assurent donc de 50% à 95% du déficit budgétaire du gouvernement vietnamien en période 1976-84, surtout elles financent environ 90-95% du déficit budgétaire en période 1976-80. En période 1985-89, l'aide des pays socialistes européen continue d'augmenter, sa proportion dans le financement du déficit budgétaire était en baisse en raison de l'augmentation rapide de la valeur du déficit budgétaire. La plupart des aides sont marchandises, dont les quatre principaux sont les produits pétroliers (en 1989: 2,3 millions de tonnes), l'engrais chimique (2,4 millions de tonnes), le coton (52 milles tonnes) et l'acier (379 milles tonnes)[113].
            La diminution forte de l'aide soviétique et des pays COMECON depuis 1990 est soudaine pour le Viet-nam puisqu'au milieu de 1989, il croit encore que l'Union soviétique maintiendra le niveau de l'aide actuelle pour la période 1991-95, donc l'effet de la diminution de l'aide soviétique est importante[114].           D'après Zee, la demande de ressource extérieure au financement du déficit devient sérieuse lors de la chute soudaine de trois quarts de l'aide soviétique débutée en 1988-90, par conséquent, malgré des fortes dévaluations du dong par rapport au rouble, la valeur de l'aide extérieure calculée en monnaie vietnamienne diminue fortement en 1989-90 par rapport à la période avant les réformes[115]. En période 1990-91, grâce à la réduction du taux de déficit budgétaire, bien que l'aide extérieure ne redresse pas encore, la part relative des aides étrangères revient à environ 75% du déficit budgétaire.
            Les déficits commerciaux du Viet-nam avec les zones des monnaies convertibles et non convertibles ont considérablement réduit après 1989, et l'importation en provenance de l'Union soviétique a fortement chuté en 1991, ainsi, le Viet-nam a pour la première fois le surplus commercial avec la zone du rouble[116]. Le Viet-nam a corrigé de façon efficace ses déficits commerciaux en adaptant ses exportations avec les nouveaux marchés, donc elles ont sainement multiplié par 3 par rapport en 1986[117]
            Par les crises et les problèmes économiques au sein des pays du COMECON, notamment dans l'Union soviétique, durant la période 1989-91, les pays COMECON ne réalisent pas leurs engagements signés avec le Viet-nam, non seulement des contrats commerciaux, mais aussi ceux d'aide bilatérale. C'est une des raisons de la chute rapide du commerce entre le Viet-nam et ces pays. Comme le Viêt-nam dépend fortement du COMECON en ce qui concerne des produits pétroliers, l'engrais, l'acier et le fer, le coton, donc la conséquence directe et immédiate de l'effondrement du bloc soviétique est que le Viet-nam doit passer à les acheter dans le marché mondial et payer en monnaies fortes, à valeur d'environ 1 milliards de dollars, un chiffre très important par rapport au revenu des devises et au budget[118]. Cela implique aussi que le Viet-nam doit supporter une perte évaluée environ 2-3% du PIB[119] ou même 7% du PIB[120].
            Une autre conséquence de l'effondrement du bloc soviétique est la disparition d'un marché exportateur important du Viet-nam. Plusieurs entreprises vietnamiennes spécialisées dans la fabrication des marchandises, souvent avec la base qualité, exportées vers les pays du COMECON selon les accords de troc pour échanger les marchandises soviétiques, ont perdu leurs marchés[121].
            En fait, le Viet-nam a manifesté une assez remarquable capacité de s'adapter au choc constitué par l'effondrement des relations économiques avec les pays du COMECON[122]. Il a réorienté avec succès son commerce extérieur aux pays voisins dans la région et a également abandonné le rouble transférable et passe à commercialiser en monnaie convertible et selon le prix du marché mondial[123]. Son exportation vers la zone des monnaies convertibles a augmenté de 154,2% en 1989, 18,8% en 1990, 48,6% en 1991 et 27% en 1992[124]. Cet accroissement d'ailleurs s'explique par un changement de structure des exportations, en particulier par l'augmentation de la part relative du pétrole, du riz et des produits de la pêche[125].
            Il est important que la chute des flux commerciaux avec le bloc soviétique se soit accompagnée d'une disparition de l'aide extérieure reçue de l'URSS[126]. En fait, les prêts nets des pays du bloc soviétique au Viet-nam étaient équivalents à environ 500 millions de dollars par an pendant la période 1986-88, représentaient les deux tiers des importations en provenance de ces pays[127].
            Par les paramètres économiques, on trouve que la mobilisation des ressources internes a successivement répondu toutes les deux suppressions d'aide étrangère 1979-80 et 1989-90, notamment le taux d'épargne sur le PIB a rapidement augmenté dans le premier cas et l'épargne privée interne a aussi vite accru dans le deuxième cas[128]. Nous voyons également le tendance de la chute très rapide du taux de déficit budgétaire après les vagues de suppression de l'aide extérieure. Pour expliquer cette remarque, Fforde et De Vylder (1996) estiment que le gouvernement vietnamien, face à la suppression des aides étrangères, a stoppé d'émettre la monnaie pour plusieurs projets d'investissement de l'Etat et diminué ses dépenses, ainsi que a dû augmenter l'effort de collection fiscale; pendant ces dernières années, les recettes fiscales ont effectivement augmenté avec un taux d'un peu près de 50%[129].
            Ainsi, les événements au Viet-nam nous montrent la capacité du gouvernement vietnamien dans l'imposition d'une discipline financière et dans le maintien d'un taux de déficit budgétaire au certain seuil dans les cas nécessaires, cependant, il y a des années où il a perdu cette capacité car peut être son contrôle financier est érodé, mais plus important, car il reçoit encore une grande quantité de l'aide soviétique[130].
            De plus, on a une remarque que les impacts financiers de la suppression de l'aide soviétique sont importants, mais ne sont pas catastrophiques comme prévus[131]. Fforde et De Vylder expliquent que la plupart des aides en marchandises de l'Union soviétique sont directement transférées, aux prix bas, aux entreprises publiques, non au budget de l'Etat central, ensuite, les Etats central et provinciaux les récupèrent sous la forme de bénéfice; donc l'impact immédiat de la suppression des intrants soviétiques est la chute de bénéfice ou la perte des grandes entreprises publiques. Ainsi, la suppression de l'aide soviétique crée une charge supplémentaire au système bancaire d'Etat et influence faiblement le budget d'Etat central[132]. C'est aussi le point clé de l'analyse de la Banque Mondiale[133].
            Ainsi, l'expérience vietnamienne montre l'effet positif de deux vagues de suppression de l'aide étrangère vis-à-vis la vitesse de réforme et le taux de croissance économique, cependant, elles peuvent faire monter les prix malgré la chute du taux de déficit budgétaire. Au contraire, il semble que l'aide étrangère pour le Viet-nam pendant les période 1976-79 et 1985-88 ait effectivement utilisée pour sauver les activités inefficaces et en pertes, donc ralentisse le processus de réforme et diminue la mobilisation de l'épargne domestique ainsi que les efforts de la collection fiscale[134]. Dans ce contexte, Fforde et De Vylder concluent, comme dans plusieurs autres études, surtout Guillaumont P. et De Melo (1993), que le retard dans le retour de l'aide des institutions Bretton Woods et des pays occidentaux est favorable à la réforme du Viet-nam[135].
            En fait, depuis 1994, l'évolution du taux de change devient un problème sérieux. Après la levée de l'embargo américain et le rétablissement avec les institutions financières internationales, un afflux de l'aide et du prêt trop grand, combinant avec l'accroissement très rapide des recettes venues de l'exportation du pétrole, est en cours de pousser le taux de change réel à la hausse, ce qui évade la capacité de compétitivité internationale du Viet-nam just au moment qu'il en a bien besoin[136]. D'autre part, il peut rende le contrôle budgétaire moins strict, même l'Etat a revenu à soutenir ouvertement aux entreprises publiques par finances et a recréé de nouvelles gaspillage, comme la politique de renforcement du secteur public mise en oeuvre depuis le huitième congrès du PCV 1996 (Viet).
            En Novembre 1994, le gouvernement vietnamien a atteint un accord avec le Fonds Monétaire International pour la période 1994-97, dans lequel, le taux de déficit budgétaire total (exclut de dons) stabilise à 4% du PIB et le gouvernement écarte le recours à l'emprunt de la banque centrale pour financer ce déficit[137]. Cependant, le gouvernement ne peut mobiliser le capital étranger, notamment le ODA pour financer son déficit budgétaire. Donc, il doit réduire involontairement son taux de déficit budgétaire à 1,3-1,5% du PIB en 1994,95. L'aide et l'emprunt étranger n'occupe que de 10% du déficit budgétaire. L'aide soviétique se tarit en 1989, obligeant le Viet-nam à redéployer ses relations économiques internationales, ce qui l'amène nécessairement à s'ouvrir davantage sur les pays de la région, aussi bien pour les flux d'échange de marchandises que pour les mouvements de capitaux[138].

            C) La politique de substitution à l'importation et
                 d'échappement d'emprunts étrangers du gouvernement
            Durant toute la période avant 1989, le Viet-nam a suivi une politique de substitution à l'importation et d'échappement d'emprunt étranger pour financer ses projets d'investissement, sauf les aides soviétiques qui sont estimées très prioritaires et en réalité, elles sont toujours estimées gratuites par les dirigeants et les habitants vietnamiens, et certaines autres aides humanitaire occidentales. A l'époque, selon l'expérience de l'emprunt étranger aux périodes de guerres 1955-75, les vietnamiens pensent que ces engagements seront effacés dans le future. Pour la substitution à l'importation, les leaders vietnamiens a cherché à appliquer la doctrine communiste traditionnelle de la construction d'une économie autarcique, son focus était la production pour satisfaire la consommation domestique, donc la production pour l'exportation ne jouait aucun rôle dans la politique économique du Viet-nam[139]. Pour cela, ils ont développé l'industrie lourde, l'agriculture et toutes branches économiques selon la demande de la société; le capital était diffusé égalitairement dans tous les domaines économiques et sociaux.
            D'après Hao, jusqu'en 1992, le Viet-nam n'a pas encore une politique de la mobilisation des ressources financières internes et externes pour l'objectif de l'investissement de développement. Dans l'utilisation des capitaux, la politique typique est la concentration de l'investissement sur le secteur de moyen de production, laisser à côté l'infrastructure qui est le premier facteur des activités du commerce extérieur[140].
            Cependant, l'abus de l'aide soviétique, estimée toujours gratuite, a provoqué une charge pour l'économie et le budget du gouvernement vietnamien aujourd'hui bien qu'il soit très difficile d'évaluer exactement la dette extérieure du Viet-nam par l'incertitude concernant la dette envers l'ex-Union soviétique.
            Selon les évaluations la Banque Asiatique du Développement (BAD) et de la Banque Mondiale (BM), le stock de la dette extérieure du Viet-nam s'explique dans le tableau 3.9:

            Tableau 3.9: Stock de la dette extérieure du Viet-nam (milliards de dollars)

 1981
 1982
 1983
 1984
 1985
 1986
 1987
 1988
 1989
 1990
Selon BAD
  3,8
  4,5
   5,1
   5,7
  6,7
   7,7
  10,7
  12,0
  13,6
  15,2

 1986
 1987
 1988
 1989
 1990
 1991
 1992
 1993
 1994
 1995
Selon BM



  19,5
 22,3
 22,4
  23,9
  24,9
  25,6
  26,5
Source: BAD: Asian Development Outlook, 1986-90
             WB: Global Development Finance, 1997, Vol.2, Country Tables, p.568.

            En se basant sur ces chiffres, les organisations financières internationales classe le Viet-nam parmi les pays à revenu faible et lourdement endetté[141].
            Cependant, d'après Fforde, il existe deux raisons de douter ces données. Premièrement, les banques internationales ont utilisé les taux de change élevés dans la conversion du rouble en dollars, par exemple, la Banque Mondiale a pris le taux de change de décembre 1991 du Soviet GOSBANK (1$US = 0,5571 rouble) pour convertir 10,5 milliards de rouble en 18,8 milliards de dollars (pour la dette de 1993). Ce taux n'est pas rationnel, car en réalité, le Viet-nam a atteint les accords avec les pays de l'Est dont le taux de change est de 6 roubles pour 1$US, donc si l'on prend ce taux de change, la dette de 10,5 milliards ne vaut que 1,75 milliards de dollars. Deuxièmement, pour la dette libellée en monnaies convertibles, à la fin de 1993, les pays donateurs ont tombé d'accord de rééchonner 800-900 millions pour le Viet-nam, donc sa dette en monnaie forte réduit à 4-4,6 milliards de dollars en 11/1993[142]. Ainsi, la dette par tête du Viet-nam vis-à-vis la zone des monnaies convertibles est de 50$US, correspondante à l'évaluation du Fonds Monétaire International[143].
            Du côté vietnamien, selon le Vice Ministre des Finances Le Thi Bang Tam, à 31 Décembre 1996, le total des dettes étrangères en fortes devises du Viet-nam est de 4,5 billions de dollars dont 1 milliards est la dette gouvernementale et 3,5 milliards est la dette des entreprises, il faut y ajouter encore une dette plus de 10 milliards libellée en rouble convertible. La plupart de ces dettes est la conséquence de l'emprunt en période de planification centralisée[144]. Le Gouverneur de la Banque Centrale, Cao Si Kiem, évalue que le stock de la dette au 31 Décembre 1994 est de 7,1 milliards de dollars, y compris la dette libellée en rouble transférable, équivalent à 60% du PIB de 1993 ou 46% du PIB du 1994[145].
            Pour résoudre le problème de la dette extérieure, depuis 1991, le gouvernement commençait le programme de restructuration de dette à travers les clubs de Paris et de Londres. En même temps, il commence à négocier avec les créditeurs sur les dettes bilatérales. Les trois solutions suivantes ont été réalisées: (1) rééchelonnement, (2) Paiement en argent liquide, et (3) Paiement en bons d'escompte et bons de step-down. Aussi depuis 1991, le Viet-nam commence à négocier la dette en rouble convertible avec les anciennes pays socialistes. En 1991-92, on a fini les pourparlers avec la Pologne, la Hungarie, l'Allemagne et le Czech selon le principe: Convertir toute la valeur de dette libellée en rouble en dette libellée en dollar américain selon le taux de change 1 USD équivalent à 6 roubles. Ainsi, pour les pays ex-comminustes, le Viet-nam doit continuer l'exportation plus que l'importation afin de payer sa dette, cela affaiblira sa capacité de remboursement de la dette vis-à-vis la zone des monnaies convertibles[146]. Si on suit ce principe, la valeur totale de la dette extérieure du Viet-nam en fin 1996 est aux alentours de 6,3 milliards de dollars.
            D'après les économistes vietnamiens, le stock et le service de la dette du Viet-nam est provisoirement acceptable. En fait, la Banque Mondiale prend 10 indicateurs pour évaluer l'importance de la dette d'un pays[147], dont les trois les plus importants sont comme suit:
            - La valeur totale de la dette par rapport au PIB, cet indicateur montre le rôle des aides extérieures dans la création du PIB du pays. Dans certaines étapes du développement, il peut atteindre à 50%, cependant, en général, il est important de le réduire afin de diminuer la charge du service de la dette extérieure[148]. Si on prend le chiffre de 26,5 milliards de dollar de la dette par rapport au 20 milliards de dollars du PIB en 1995, le Viet-nam est lourdement endetté, mais si le stock de la dette n'est que de 6,3 milliards de dollars, sa situation est très bonne.
            - Le service de la dette sur la valeur de l'exportation. Cet indicateur indique la capacité réelle de remboursement annuelle du pays, il devrait être inférieur à 20%. Au Viet-nam, il n'est que de 5,8% en 1995, donc la situation n'est pas sérieuse.
            - La valeur totale de la dette sur l'exportation. Cet indicateur est proposée comme la capacité de remboursement du pays  vis-à-vis de la dette extérieure parce que les ressources de remboursement de cette aide dépendent essentiellement de la valeur d'exportation. Selon l'expérience des pays en développement, ce taux devrait être inférieur à 200%. Au Viet-nam, il est de 400% selon le chiffre de la dette évaluée par la Banque Mondiale et 115% selon le chiffre du Viet-nam.
            Ainsi, selon le gouvernement vietnamien, la situation de la dette du Viet-nam est acceptable, cependant, car il manque d'un système consistent et unifié de surveillance de la dette au niveau national, il existe une haute possibilité à long terme que le fardeau de dettes extérieures dépassera la capacité de remboursement de l'économie, à moins que le gouvernement déployait immédiatement les mesures efficaces[149].
            D'après Fforde et De Vylder (1996), la dette extérieure du Viet-nam en 1990 en monnaies convertibles a dépassé 3,5 milliards de dollars avec la dette à l'échéance de plus de 2 milliards de dollars. Le taux de remboursement du principal et de l'intérêt, à peu près de 25% des exportations, malgré moins dangers par rapport aux taux d'autres débiteurs du tiers monde, est aussi une charge importante pour l'économie et le budget du gouvernement vietnamien. Durant la période 1990-94, la dette irremboursable continue à augmenter tandis que le Viet-nam n'a pas encore atteint des accords d'ajournement de dette avec les principaux créanciers[150].
            En réalité, la gestion de la dette extérieure est toujours un problème sérieux au Viet-nam. En 1997, le ministère des finances maîtrise essentiellement les dettes du gouvernement, mais pour les dettes des entreprises, il ne contrôle pas solidement puisque les dettes sont gérées selon chaque projet et le principe de l'emprunt et de l'autoremboursement. Il existe pas vraiment de coordination au niveau macro-économique. Par conséquent, le gouvernement ne maîtrise pas plusieurs emprunts étrangers alors que c'est lui qui les garantit à travers la Banque d'Etat. Les 20-25 ans futures sont encore la période de grâce pour la plupart des emprunts du Viet-nam, la subjection dans la gestion de dette est populaire. D'autre part, par la demande du capital pour le développement toujours supérieure à la mobilisation du capital intérieur, les entreprises vietnamiennes cherchent à exploiter les ressources extérieures, donc, si la politique de la gestion de dette continue d'être relâchée, ce sera dangereux dans l'avenir.
            Depuis 1989, la dette augmentée du gouvernement provient, pour la majorité absolue, de l'Assistance du Développement Officielle (ADO), avec les conditions préférentielles, incluant une large maturité de 30-40 ans et une période de grâce de 5-10 ans. Comme dans le cas de l'emprunt préférentiel provenance de l'Union soviétique d'auparavant, il risque d'utiliser inefficacement cette aide. Toute l'aide ADO et ONG a été gaspillée en période 1976-89, et l'utilisation des capitaux provenant de l'ADO, tout comme de ceux mobilisés dans le pays, est loin d'aboutir à des résultats escomptés: environ 30% de ceux investis dans les constructions de base se sont volatilisés[151]. Ainsi, il est urgent pour le gouvernement vietnamien de restructurer l'ancienne dette et tracer une stratégie d'emprunt et de remboursement de long terme pour pouvoir échapper des crises de dettes dans le futur.
            L'une des conséquences de l'emprunt étranger est de payer le principal et l'intérêt, ce qui risque d'augmenter le déficit budgétaire et par suite, créer des pressions inflationnistes dans l'avenir. L'autre conséquence néfaste est le risque de former la stagflation de l'épargne domestique par l'effet de substitution entre le capital étranger et l'épargne domestique, et le risque de déséquilibre de la balance de paiement. Ainsi, le gouvernement vietnamien a appliqué une autre mesure alternative: Mobilisation de l'investissement étranger direct.

            D) La mobilisation de l'investissement étranger direct
            La loi sur l'investissement étranger au Viet-nam a été adoptée en Décembre 1987 marquant un changement essentiel dans la ligne politique et la politique économique de la Direction du Viet-nam. Désormais, le Viet-nam commence à utiliser l'investissement étranger direct afin de s'offrir des devises, de soutenir les ressources domestiques et de faciliter l'accélération de transfert de la technologie et des méthodes de gestion économique moderne virant à la stabilisation et la croissance économique. Cependant, cette politique a une efficacité limite avant 1994 par l'existence de l'embargo américain[152].
            Dans les premières années, la loi sur l'investissement direct du Viet-nam a été évalué très positivement sous l'oeil des investisseurs étrangers. En fait, elle les encourage d'investir dans beaucoup de domaines de l'économie comme l'exploitation des ressources naturelles, la fabrication des marchandises à exporter ou à substituer à l'importation, l'agriculture et l'industrie de traitement accompagnée, l'hôtellerie et les services, l'infrastructure et l'industrie manufacturée, etc. Les investisseurs étrangers bénéficient une privilégiée sur plusieurs sortes d'impôts et d'autres conditions favorables, notamment quand ils investissent dans les domaines encouragés[153]
            Avec les ressources naturelles diverses, un grand marché et une source de travail abondante ayant capacité d'absorption de haute technologie, le Viet-nam a vraiment attiré un bon nombre d'investissement étranger dès avant la levée de l'embargo américain. En fait, selon le Ministère du Plan et de l'Investissement du Viet-nam (MPI), l'évolution de la situation de l'investissement étranger au Viet-nam s'expose dans le tableau 3.10:

            Tableau 3.10: Investissement étranger direct au Viet-nam (millions de dollars)
 Investissement
 1988
 1989
 1990
  1991
 1992
 1993
  1994
  1995
Valeur engagée (1)
   366
  539
  596
  1288 
  1938
  2777
  4041
  7500
Valeur réalisée (2)
     60
  100
  200
   260
   535
  1001
  1422
  2422
 (2) / (1)      %
     16
   19
    34
     20
    28
    36
    35
    32
Source: Ministère Vietnamien du Plan et de l'Investissement.

            Dans la valeur totale de l'investissement réalisé, les partenaires étrangers contribuent 80%, le reste appartient au côté vietnamien, essentiellement en argent de location de terre, anciennes bases matérielles disponibles[154]. L'investissement étranger direct a vraiment devenu une source d'investissement important du pays. Sa proportion dans la valeur totale des investissements de l'économie a passé de 14,7% en 1990 à 22,8% en 1992 et 29,5% en 95[155]. Ainsi, l'investissement étranger direct crée une source de financer les investissements au lieu des dépenses budgétaires.
            La contribution des entreprises de joint-venture dans le budget du gouvernement est encore faible. Selon les données du FMI[156], il s'agit de 389 milliards de dong en 1993, 1215 en 1994 et 1600 milliards de dong en 1995, ces chiffres sont équivalents à 1,3%, 2,9% et 3,1% des recettes budgétaires totales des années 1993,94 et 95 respectivement. Pourtant, d'après Fforde et Goldstone, repris des chiffres de Vo Van Kiet, Premier Ministre Vietnamien, la proportion de la contribution au budget des entreprises à investissement étranger est assez grande: 18% en 1993-94[157]. La différence se trouve dans les modes de calcul: Ces derniers comptent toutes contributions financières des entreprises de joint-venture, y compris la part du côté vietnamien, alors que le FMI exclut la part du côté vietnamien. Cependant, les données montrent évidement deux choses: 1) Les investissements étrangers directs contribuent activement et efficacement dans l'activité de l'économie et avec la participation du côté vietnamien, ils créent une contribution importante au budget de l'Etat, et 2) Cette proportion a tendance à augmenter.
            En 1992, il crée vingt milles d'emplois directs et plusieurs dizaines milles d'emplois indirects. Spécialement, il augmente la valeur d'exportation, contribue à améliorer la balance de paiement internationale et payer l'impôt qui finance l'activité du budget du gouvernement vietnamien[158]. Ces contributions sont très importantes dans la réduction de décalage entre l'offre et la demande dans les marchés des biens et du travail, mais aussi dans la réduction des déficits budgétaires de l'Etat et par conséquent, des pressions inflationnistes
            La position géographique du Viet-nam est un facteur important, qui influera profondément sur les compositions du commerce extérieur du Viet-nam. En fait, le salaire réel dans ses pays voisins augmente vite, donc le Viet-nam jouera un rôle important en tant qu'un pays offert les produits et services moins chers[159]. D'autre part, les taux de croissance économiques et ceux d'investissements étrangers directs dans la région asiatique de l'Est sont en cours d'augmenter rapidement, par l'effet de contagion[160], le Viet-nam a des conditions favorables à la croissance économique dans l'instabilité monétaire. Une autre condition favorable du Viet-nam est sa réserve pétrolière importante. Ces perspectives donnent naissance à un flux important d'investissement étranger direct dans ce secteur, notamment par des compagnies américaines depuis la levée de l'embargo en 1994.
            Ainsi, d'après Azam, avec l'aide de l'investissement étranger, le Viet-nam bénéficie dans sa démarche d'une condition très particulière, qui lui est fournie par le boom du pétrole et des capitaux étrangers. Alors que les autres pays en transition ont plutôt subi des chocs négatifs, avec le démantèlement des circuits commerciaux du COMECON, avec la hausse du prix de l'énergie importée de Russie, etc., le Viet-nam a surtout bénéficié d'un choc externe positif qu'il a su mettre à profit pour stabiliser son économie et relancer la croissance[161]. Il a encore souligné que le Viet-nam s'inscrit bien dans le mouvement mondial de libéralisation économique, mais avec des spécificités tenant à son histoire politique et économique; et en particulier, la transition s'accompagne ici d'un boom pétrolier et d'un boom d'aide et d'investissement direct[162]. Ces afflux de devises étrangères peuvent faciliter le financement du développement, mais ils exposent le pays concerné à des risques de désorganisation économique que beaucoup de pays en développement n'ont pas su éviter dans le passé[163]. Pourtant, malgré le rôle important du pétrole, les chocs négatifs durant la période 1989-91 ont provoqué la chute de la production, la hausse du déficit budgétaire et la résistance de l'inflation élevée. Ensuite, ces doubles booms entraînent une appréciation du taux de change réel qui rend difficile la nécessaire diversification de l'économie et le développement du secteur privé, et expose donc fortement le Viet-nam au risque d'un choc externe négatif, causé simplement par un ralentissement du flux de capitaux étrangers ou une baisse du prix du pétrole par exemple, ce qui pourrait affecter la croissance et la stabilité monétaire du Viet-nam[164].
            Cependant, selon plusieurs observateurs, peu de projets prévus sont mis en réalisation, on parle très souvent l'incertitude de la situation économique, politique et la mode bureaucratique trop forte des autorités et de l'appareil des fonctionnaires qui sont les obstacles principaux pour le développement de l'investissement étranger direct[165]. Hao (1993) a listé diverses raisons de ce phénomène[166]. Auparavant, les investisseurs étrangers disent que l'investissement étranger au Viet-nam était moins coûteux, mais maintenant, ils disent que cela ne se passe que dans les papiers; en réalité, si l'on compte tous frais sans réglementations, l'investissement étranger au Viet-nam est aussi coûteux que dans les pays voisins; une compagnie étrangère a envoyé au Comité d'Etat pour l'Investissement et la Coopération une liste de 120 sortes de frais sans préparvenus[167].
            Après les réformes 1989, l'une des ressources économiques importantes du Viet-nam est la valeur de sa terre, notamment dans les villes. Le prix de terre du Viet-nam a rapidement augmenté et au milieu des années 1990, il devient équivalent ou supérieur à celui dans les autres centres de la région. Plusieurs grandes régions de terre appartiennent à la propriété de l'Etat, donc, l'Etat, par l'intermédiaire de ses entreprises de joint-venture, occupe une part considérable dans les investissements FDI grâce principalement à la valeur de ses terre[168]. Toutefois, c'est aussi une source d'augmenter le coût d'investissement au Viet-nam.
            Le gouvernement vietnamien joue toujours un rôle d'arbitrage dans l'application de loi de jeu économique, et les joueurs regardent aussi toujours à quel côté se place le gouvernement car les modes et principes administratifs bureaucratiques sont plus importantes que la loi, cela se passe aussi pour les investisseurs étrangers, surtout dans la condition de la transition économique, les signaux politiques informels diffusés de l'appareil du gouvernement sur l'orientation des politiques économiques ont l'impact économiquement décisif comme les lois officielles[169].
            Le contrôle du gouvernement central envers les recettes de devises est aussi très faible; dans la valeur totale des recettes en devises fortes, estimée de 3-4 milliards de dollars, y compris les contrebandes, il ne reçoit que 150 millions de dollars basés sur les taxes douanières et commerciales[170]. Par conséquent, l'Etat n'a pas de ressource pour régler sa dette extérieure.
            Conclusion pour la section: D'après Riedel, par la faiblesse de l'économie et de l'épargne domestique, le gouvernement vietnamien a seulement deux moyens de financer son déficit budgétaire: emprunter à l'étranger ou à la Banque d'Etat[171]. Or, par la politique de l'embargo américain imposée au Viet-nam, ce pays doit se plier sur le bloc soviétique, qui a financé la plupart du déficit budgétaire du Viet-nam jusqu'en 1984, surtout pour la période 1976-80. Quand ce type de financement a commencé à s'amenuiser alors que l'embargo américaine n'est toujours pas levé, les autorités vietnamiennes ont du avoir recours à l'émission monétaire pour financer leur déficit budgétaire. C'est le commencement de l'explosion de l'hyperinflation au Viet-nam depuis 1985. Nous allons étudier l'effet de financement du déficit budgétaire par la monnaie sur l'inflation dans la section suivante.


[1] Hertzog R. (1994) "Pour une présentation unifiée d'équilibre - et des déficits - dans les budgets publics", dans Tallineau L. "L'équilibre budgétaire", Economica, 1994, p.80
[2] Zee Howell H. (1992) "Vietnam - Les Limitations des Mesures d'Ajustement Financier dans le Processus de la Réforme Economique".
[3] Le Page J.M. (1991) "Economie Monétaire", Editions Cujas, pp. 156-57.
[4] World Bank (1990), op. cit. p.23.
[5] Xuan T.T. (1992) op. cit., p.31
[6] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit, p.32
[7] Tuan N.N. et Long N.T (1995) "Le Problème du Controle de l'Inflation au Vietnam", dans "le Renouveau de la Politique Financière, Monétaire et le Controle de l'Inflation au Vietnam", Editions de la Politique Nationale, Plusieurs Auteurs, Hanoi, Decembre.
[8] Xuan T.T. (1992), op. cit., p.31
[9] Nguyen T.C. et Thu L.D. (1995) "Le Problème de la Formation d'une Bourse au Vietnam", dans "le Renouveau de la Politique Financière, Monétaire et le Controle de l'Inflation au Vietnam", Editions de la Politique Nationale, Plusieurs Auteurs, Hanoi, Decembre, p. 351.
[10] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.32
[11] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. , p.32
[12] Hao V.V. (1993) "Rénovation de la Politique et du  Mécanisme de Gestion Financière", Editions de la Politique Nationale, Hanoi, p.136
[13] Nguyen T.C. et Thu L.D. (1995), op. cit. p.351
[14] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. , p.32
[15] Bach V.D. op. cit. p.164
[16] Bach V.D. op. cit. p.136
[17] Ta T.V. (1996) "Le Renouveau du Mécanisme de la Gestion Budgétaire de l'Etat", dans "Le Renouveau de la Politique et du Mécanisme de la Gestion Financière Servant l'Industrialisation et la Modernisation du Pays", Editions Finance, Juin, p. 78.
[18] Azam J.P. (1995), op. cit., p.4
[19] Voir divers rapports du Département Général de la Statistique du Vietnam, notamment Toan L.V., Président du Département (1996) "L'économie Vietnamienne 1975-95", Editions de Statistique, Vietnam.
[20] De Vienne M. S. (1994) "L'économie du Vietnam 1955-95 - Bilan et Prospective", CHEAM, Paris
[21] La Banque Mondiale a défini le seuil de 390 USD du PIB par tête en 1992 pour le group des pays à revenu faible (Afor, 1995, p.11). Elle, dans son Rapport sur le Développement dans le Monde, 1997, détermine qu'une économie à faible revenu est celle qui avait un PIB par habitant égal ou inférieur à 765 dollars en 1995, p.231
[22] World Bank (1995) "World Development Report".
[23] Guillaumont P. et De Melo (1993, sous la direction), "Vietnam - Une politique Economique pour la Transition vers une Economie Ouverte", Document au CERDI, Septembre, p. 2; Fforde A. and Goldstone A. (1995) "Vietnam to 2005 - Advancing on All Fronts", p. 11
[24] Guillaumont P. (1994) "Cours de l'Economie du Développement", CERDI; Fforde A. and Goldstone A. (1995), op. cit., p. 11
[25] Fforde A. and Goldstone A. (1995) "Vietnam to 2005 - Advancing on All Fronts", p. 11
[26] Fforde A. and Goldstone A. (1995), op. cit., p. 11
[27] De Vienne M. S. (1994) "L'économie du Vietnam 1955-1995 - Bilan et Prospective", CHEAM, Paris
[28] Guillaumont P. (1994) "Cours de l'économie du développement", CERDI
[29] Brunel S. (1996) "Le sous-développement", Que sais - je, PUF, p.13
[30] Alain G. (1992) "Les mutations de l'économie mondiale 1975-1991", Le Monde Editions, Paris; et Asian New Week et Far Eastern Economic Review, July, 1993. UNDP (1993) "Human Developement Report" donne un chiffre de 1100 USD pour l'année 1991.
[31] Riedel J. (1993) "Vietnam: On the Trail of the Tigers", dans Gullaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., Voir le graphique A.1, p.201.
[32] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.70
[33] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.70.
[34] Van Arkadie B. (1991), op. cit.
[35] Guillaumont P. (1985) "Economie du Développement", Tome deux: "Dynamique Interne du Développement", Presses Universitaires de France, Thémis, p.32.
[36] Guillaumont P. (1985), op. cit. pp.33-34, par exemple: Johnson D.W. and Chiu J. (1968) "The Savings Income Relation en Underdeveloped and Developed Countries", The Economic Journal, juin, pp. 321-33; Kuznets S. (1960) "Quantitative Aspects of the Economic Growth of Nations", Economic Development and Cultural Change, Vol.8, N°4, part.2, juillet, pp.1-96; La CNUCED (1975) "L'épargne Intéreure dans les Pays en Développement", TD/B/C. 3/124; Song B. (1981) "Empirical Research on Consumption Behaviour: Evidence from Rich and Poor LDCs", Economic Development and Cultural Change, Vol.29, N°3, pp. 597-610, etc.
[37] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.47
[38] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.47
[39] Stephens P. (1994) "Raport on Recent Economic Evolution of Vietnam", Report of the World Bank Branch in Asia and Pacific, repris dans Saigon Economic Times, 12 January 1995.
[40] Fforde A. and Goldstone A. (1995) "Vietnam to 2005 - Advancing on All Fronts", p.
[41] Source des données: Statistical Data of the Socialist Republic of Vietnam, 1986-91, Statistical Publishing House, GSO, Hanoi, 1992, p.113.
[42] World Bank (1990), op. cit., p.23
[43] Hao V.V. (1993) op. cit. , 163.
[44] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.47
[45] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.48
[46] Guillaumont S. (1993), op. cit. p.36
[47] Nguyen T.C. et Thu L.D. (1995), op. cit. p.351
[48] Hao V.V. (1993) op. cit. , 163.
[49] Tsuchiya Hironuri (1995) "La Préparation pour un Marché de Capital dans le Contexte de Réforme Economique - Le cas  du Vietnam", Colloque Vietnam - Japan, "Assistance pour le Renouveau de la Politique Financière - Monétaire et le Contrôle de l'Inflation au Vietnam", Tokyo, Japan, Février, p.3
[50] McKinnon R.I (1994) "The Order of Economic Liberalization - Financial Control in the Transition to a Market Economy", Second Edition, the Johns Hopkins University Press, Baltimore and London, chapter V: Inflation Tax.
[51] Cuong L.V. et al. (1996), op. cit. p.26
[52] Huong D.T. (1995) "Le Renouveau de la Politique Monétaire et du Système Bancaire", dans "le Renouveau de la Politique Financière, Monétaire et le Controle de l'Inflation au Vietnam", Editions de la Politique Nationale, Plusieurs Auteurs, Hanoi, Decembre, p. 190.
[53] Ta T.V. (1996) "Le Renouveau du Mécanisme de la Gestion Budgétaire de l'Etat", dans "Le Renouveau de la Politique et du Mécanisme de la Gestion Financière Servant l'Industrialisation et la Modernisation du Pays", Editions Finance, Juin, p. 78.
[54] Zee Howell H. (1992) op. cit.
[55] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.32
[56] Azam J.P. (1995), op. cit., pp. 95-97
[57] Tanzi V., Blejet M. I. et Teijeiro M.O. (1987) "Inflation and the Mesurement of Fiscal Deficits", IMF Staff Papers, p. 712
[58] Tanzi V., Blejet M. I. et Teijeiro M.O. (1987), op. cit. p. 712
[59] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.61
[60] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.61
[61] Guillaumont S. (1993) "La Politique Macroéconomique Nécessaire à l'Ouverture sur l'Extérieur et à la Croissance de l'Economie Vietnamienne", dans Guillaumont P. et De Melo (1993, sous la direction), "Vietnam - Une Politique Economique pour la Transition vers une Economie Ouverte", p.22
[62] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.61
[63]  (WBER, V4, N1, p49)
[64] Fforde A. (1995) "Vietnam: Economic Commentary and Analysis", N°6, Avril, p.55
[65] Fforde A. (1995) "Vietnam: Economic Commentary and Analysis", N°6, Avril, p.55
[66] Pour exemple, voir: Hien N.T. (1996) "L'Utilisation des Arguments de la Politique Monétaire dans le Controle de l'Inflation", Revue Bancaire, State Bank of Vietnam, Avril; Nghiep N.C et Mo L.H. (1996) "Taux de Change - Méthode d'Approche et Art d'Ajustement", Editions Finances.
[67] Haughton J.H. (1995) "Public Finance Policy", chapter 4, in "On the Direction of Dragons", Harvard Institute for the International Development (HIID).
[68] (Mundlak, Cavalo, WBER, Vol 4, N°1, p.59
[69] Llau (124) "
[70] Zee Howell H (1992), estime qu'en période 1984-88, 40% du déficit budgétaire du Vietnam sont financés par les ressources extérieures, dont la plupart sont réalisées sous formes: 1) L'aide de l'Union Soviétique en marchandises, notamment matériaux, énergies, après, le gouvernement revend aux entreprises publiques aux taux de change très bas, et 2) Les machines et équipements complets destinés aux ouvrages d'investissement.
[71] Pour exemple, voir: World Bank (1997) "Global Development Finance", Vol.1, Vol.2, et Country Tables.
[72] Irvrin G. (1995) "Vietnam: Assessing the Achievements of Doi Moi", the Journal of Development Studies, Vol 31, June, London, p. 727
[73] Azam J.P. (1995), op. cit., p.2
[74] Voir dans divers rapports de la Banque Mondiale (1990-93), du FMI (1992-95) et d'autres économistes.
[75] Irvrin G. (1995), op. cit. p.729
[76] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.54
[77] Irvrin G. (1995), op. cit., p.729
[78] Van Arkadie B. (1993), op. cit.
[79] Irvrin G. (1995), op. cit. p.729
[80] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit.,  p. 11
[81] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 12
[82] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 12
[83] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.51
[84] Bach V.D et Giao N.D (1996) "Rénovation de la Politique et du Mécanisme de Gestion Economique", Editions de la Politique Nationale, p.164
[85] IMF (1992) "Xu huong...)
[86] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[87] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.8
[88] Pomonti J.C. (1997), Journal "Le Monde", 24 Mai.
[89] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit.
[90] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. pp.17-18
[91] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. p.1
[92] Pomonti J.C. (1997), Journal "Le Monde", 24 Mai.
[93] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit. p.52.
[94] Bach V.D et Giao N.D (1996), op. cit., p.116
[95] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.51
[96] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 11
[97] Azam J.P. (1995), op. cit., p.15
[98] De Vienne M. S. (1994), op. cit.
[99] Azam J.P. (1995), op. cit., p.15
[100] Feray P. R. (1992) "Le Vietnam", Collection Que sais je ? PUF, Paris
[101] Azam J.P. (1995), op. cit., p.16
[102] Azam J.P. (1995), op. cit. p.13
[103] De Vienne M. S. (1994), op. cit.
[104] De Vienne M. S. (1994), op. cit.
[105] Azam J.P. (1995), op. cit., p.14
[106] Pomonti J.C. et Tertrait H. (1994) "Vietnam: Communistes et Dragons", Le Monde Editions, Paris
[107] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit.,  p.56
[108] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.56
[109] Irvrin G. (1995), op. cit., p.729; Fforde A. et De Vylder S. (1996) p.48
[110] UNDP (1990) "
[111] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[112] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[113] Van Arkadie B. (1993), op. cit.
[114] Van Arkadie B. (1993), op. cit.
[115] Zee H. Howell (1992) "Vietnam - Les Limitations des Desures d'Ajustement Financier dans le Processus de la Réforme Economique".
[116] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.54
[117] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.55
[118] Van Arkadie B. (1993), op. cit.
[119] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[120] IMF Report (1992) "Vietnam - Economic Development Tendencies in Recent Period".
[121] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[122] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 11
[123] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. p.1
[124] Annuaire Statistique du Vietnam, 1996, p.206
[125] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 11, et Annuaire Statistique du Vietnam, 1996, pp.210-211
[126] Guillaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p. 11
[127] World Bank (1990) "Vietnam: Stabilization and Structural Reforms", Avril, 1990
[128] Fforde A. et De Vylder S. (1996) "From plan to market - the Economic Transition of Vietnam", Westview Press, 1996, version vietnamienne, p.75
[129] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., pp.75-76
[130] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.76
[131] Van Arkadie B. (1993), op. cit.
[132] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.58
[133] World Bank (1991) "Vietnam: Reforms of the National Financial System et of State Owned Enterprises", Report to Vietnamise Governement, 17 December, 1991, paragraphes 1.29-1.31
[134] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.76
[135] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.76
[136] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.76
[137] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.33
[138] Azam J.P. (1995), op. cit., p.6
[139] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), op. cit. p.27
[140] Hao V.D. (1993), op. cit., p.43
[141] Les divers rapports du FMI, NU, et la Banque Mondiale, le plus recent: World Bank : Global Development Finance, 1997, Vol.2, Country Tables.
[142] Ces raisonnements sont retirés de Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.16 et Fforde A. (1995), VECA 6, op. cit., pp.48-49
[143] IMF (1995) "Vietnam - Statistical Tables", IMF Staff Country Report N°95/93, September, Table 37.
[144] Dung N.T. (1997) "National Affairs Desk", Vietnam Investment Review, 26/5-1/6/97, p.2
[145] Kiem C.S. (1995) "trong cuon cua Bach, p.53
[146] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.56
[147] World Bank (1997) "Global Development Finance", Vol.2, voir: Country Tables.
[148] Hao V.V. (1993), op. cit. pp.127-28.
[149] Dung N.T. (1997) "National Affairs Desk", Vietnam Investment Review, 26/5-1/6/97, p.2
[150] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.55
[151] Nghien P.V. (1996) "La transition au Vietnam: Problèmes et Perspectives", Rapport au Colloque "L'économie Vietnamienne en Transition - les Facteurs de la Réussite", CEPREMAP-CEDI, Université Paris XIII, 28-29 mai, 1996, p.6
[152] Luoc V.D. (1995) "... p.314
[153] Hao V.D. (1993), op. cit., p.44
[154] Hao V.D. (1993), op. cit., p.46
[155] Source: Ministère Vietnamien du Plan et de l'Investissement, Repport sur l'Activté des Composantes Economiques, Août, 1995.
[156] IMF (1995) "Vietnam - Financial Sector Review and An Agenda for Financial Sector Development" and "Vietnam - Sttatistical Tables", IMF Staff Country Report N° 95/93, September, table 22.
[157] Fforde Adam et Goldstone A. (1995), "Vietnam to 2005", The Economist Intelligence Unit, p.33
[158] Hao V.D. (1993), op. cit., p.46
[159] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.69
[160] Azam J.P. (1995), op. cit., p.6-7
[161] Azam J.P. (1995), op. cit., p.100
[162] Azam J.P. (1995), op. cit., p.3
[163] Bevan D., Collier P. et Gunning J.W. (1993) "Trade Shocks in Developing Countries - Consequences and Policy Responses", European Economic Review, N°37, pp. 557-565
[164] Azam J.P. (1995), op. cit., pp. 100-101
[165] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[166] Hao V.V. (1993), op. cit. p.49
[167] Xuan D.N. Président du CEIC (1994), Réponses d'un Interview du Journal "Toui tre", 17, Avril 1994
[168] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.9
[169] Van Arkadie B. (1993), op. cit., p.167
[170] Fforde A. et De Vylder S. (1996), op. cit., p.57
[171] Riedel J. (1993) "Vietnam: On the Trail of the Tigers", dans Gullaumont P. et De Melo J. (1993), op. cit., p.226.

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