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Thứ Ba, ngày 26 tháng 4 năm 2011

La relation entre la croissance économique et l'inflation (part 1)

Báo cáo của tôi tại Hội thảo "Tăng trưởng và trao đổi quốc tế", Pháp, 1997
Mon rapport pour le colloque "Croissance et échange international"
Clermont-Ferrand, France, 10-14 Juin 1997


La relation entre la croissance économique et l'inflation
- Théories et le cas des pays asiatiques en développement -

  La relation entre la croissance économique et l'inflation est l'une des grandes attentions des économistes. Elle est spécialement intéressée dans les économies en croissance rapide actuelle en Asie. L'expérience de la gestion économique montre clairement que dans une économie de croissance rapide, la demande globale comprenant des matières premières, du travail, des combustibles, énergies et des capitaux augmente vite, cela entraîne la hausse des prix, c'est à dire l'inflation. De plus, la croissance économique rapide s'attache très souvent à l'expansion monétaire et de crédit qui est la ressource directe de l'inflation. Plusieurs opinions estiment que l'inflation est la conséquence inévitable du processus de croissance économique rapide.

           La relation entre la croissance économique et l'inflation est l'une des grandes attentions des économistes. Elle est spécialement intéressée dans les économies en croissance rapide actuelle en Asie. L'expérience de la gestion économique montre clairement que dans une économie de croissance rapide, la demande globale comprenant des matières premières, du travail, des combustibles, énergies et des capitaux augmente vite, cela entraîne la hausse des prix, c'est à dire l'inflation. De plus, la croissance économique rapide s'attache très souvent à l'expansion monétaire et de crédit qui est la ressource directe de l'inflation. Plusieurs opinions estiment que l'inflation est la conséquence inévitable du processus de croissance économique rapide.

            Cependant, les théories macro-économiques et les études empiriques ont donné résultats différents sur ce sujet. D'un côté, la théorie keynésienne estime que le processus de la croissance économique rapide, notamment la surchauffe, doit accompagner l'inflation, donc dans l'histoire économique moderne, on a tendance à appliquer les politiques alternées de refroidissement et de relance économique qui ont créé les années glorieuses des pays capitalistes depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'au début des années 1970, et des pays asiatiques depuis les années soixante jusqu'à maintenant. De l'autre côté, la théorie monétariste affirme que les deux phénomènes d'inflation et de croissance sont indépendants. Si l'inflation est la consequance directe du processus de croissance rapide, cette conséquence est transitoire. A long et moyen terme, il n'existe pas de relation de causalité entre ces variables. Par conséquent, cette école recommande une politique monétaire passive avec un taux de croissance monétaire stable.

            Les études empiriques sont nombreuses, mais elles ne justifient également pas précisément les théories car la relation croissance - inflation est négative dans certains cas et positive dans d'autres cas. Dans la plupart des études empiriques, l'inflation est considérée comme l'un des facteurs de la stabilité de l'environnement pour la croissance économique et elle participe à l'explication des variations du taux de croissance économique. La direction de causalité allant de la croissance à l'inflation est rarement étudiée.

            En se basant sur le résumé des optiques des théories macro-économiques principales et l'analyse d'expérience des pays asiatiques, cet exposé montrera qu'à long terme, il n'existe pas de relation contradictoire entre la croissance et l'inflation au sens qu'un taux de croissance économique élevé entraîne automatiquement un taux d'inflation élevé. Ainsi, nous pouvons suivre une politique de croissance économique rapide accompagnant un taux d'inflation faible.

            La structure de cet exposé se compose de trois parties :

            1- La relation entre la croissance et l'inflation dans les théories macro-économiques
                 principales;
            2- La relation empirique entre ces deux variables à travers le monde;
            3- La relation empirique entre ces deux variables dans le cas des pays asiatiques.

            I. La relation entre la croissance et l'inflation
             à travers les théories macro-economiques principales:

            1. La croissance et l'inflation dans la théorie classique :

            La théorie quantitative de la monnaie ou la théorie classique a été illustrée par les travaux des auteurs très connus comme A.Smith, J.B.Say, D.Ricardo, L.Walras, J.S. Mill et I.Fisher. Si on néglige les nuances théoriques qui séparent la pensée de ces auteurs, on peut tirer une thèse essentielle de cette école: La neutralité de la monnaie pour le processus de la croissance. Cela veut dire que la monnaie n'est qu'un "voile" qui ne modifie rien le niveau de la production, celui de l'emploi ou des prix relatifs. Toutes ces variables ne dépendent que de phénomènes réels, sur lesquels la monnaie n'a eu elle-même aucune action. Il y a une dichotomie très nette, complète entre d'une part variables réelles et d'autre part, éléments monétaires. Les prix relatifs des différents biens et services sont supposés dépendre uniquement des facteurs réels. Par contre, les prix absolus (niveau général des prix) sont fonction de la quantité de monnaie en circulation.

            La théorie classique peut être interprétée par divers modèles mais toute leur solution donne l'une des deux équations connues : P=M*V/T (Fischer) et M=P*k*Y (Pigou), dont M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, T l'ensemble des transactions, P le niveau général des prix, Y le revenu national et k un paramètre. Comme il y a une dichotomie totale entre le secteur réel et le secteur monétaire, Y, V, T et k sont constants à court terme, le prix est déterminé uniquement par la quantité de la monnaie en circulation et le volume de la production est déterminé uniquement par les facteurs réels. Ainsi, il n'existe pas la relation entre la croissance et l'inflation à court terme.

            Pourtant, les équation classiques montrent une relation inverse entre croissance et inflation à long terme quand des facteurs productifs sont modifiés, c'est à dire si l'offre monétaire et la vitesse de circulation de la monnaie sont stables, une augmentation de la production par des facteurs exogènes provoquera une baisse du niveau général des prix.

            2. La croissance et l'inflation dans la théorie néo-classique :

            Les économistes néo-classiques (J.Rueff, M.Friedman, Don Patinkin, F.Von Hayek, R.E.Lucas, R.M. Solow, G.Debreu...) sans doute demeurent fidèles à la loi des débouchés et admettent que l'économie se situe nécessairement en situation de plein emploi. Ils maintiennent donc la thèse de la neutralité de la monnaie et le principe d'une analyse dichotomique comme l'école classique. La production en situation d'équilibre comporte inéluctablement plein emploi mais cet équilibre général est fondé sur une base nouvelle qui est le principe de l'utilité marginale ou le principe de la productivité marginale, c'est à dire sur la théorie de l'équilibre général microéconomique qui analyse des comportements d'optimisation des agents micro-économiques. L'analyse la plus rigoureuse de cet équilibre selon l'optique néo-classique a été fournie par L.Walras[1]. Les principales hypothèses[2] du modèle néo-classique concernant l'inflation, sont suivantes:
            1) La monnaie émise par le gouvernement, l'offre monétaire est donc exogène;
            2) La monnaie est uniquement demandée pour assurer la circulation du bien produit. L'égalité entre l'offre et la demande de monnaie s'effectue à travers l'ajustement du niveau général des prix.

            Selon cette approche, le modèle néo-classique n'est pas identique à celui esquissé par les classiques, car il y a des changements pour les marchés des biens et de la monnaie. La fonction de production associe à chaque niveau d'emploi un volume d'offre globale du bien produit Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image002.gif=Y(K,L), continue et homogène de degré 1, L croît au taux constant, mais la croissance de la production s'effectue à un rythme décroissant (dérivée seconde négative). Comme la loi Say pose que toute offre crée sa propre demande, donc Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image004.gif quelque soit le volume des biens produits. L'offre monétaire nominale Ms est exogène, la demande de monnaie exprimée en termes réels depend de la valeur des transactions, c'est à dire du revenu réel Y et d'une composante structurelle k, sous la forme: Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image006.gif.
Comme Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image008.gif, on peut donc écrire:   Mo = k * Y * P     ou encore :   P  = Mo / (k*Y).

            Selon l'équation, avec le revenu étant donné et les habitudes de paiement fixées, le niveau des prix est proportionnel à la quantité de monnaie en circulation. On obtient ici la même détermination de P d'après la théorie classique. Ainsi, à cout terme, lorsque la production ne varie pas, le prix depende complètement de la quantité de monnaie, c'est à dire il n'existe pas une relation entre la croissance économique et l'inflation.

            Cependant, l'équation montre également qu'à long terme, le prix a une relation négative avec la croissance économique. Un accroissement de la production provoque une baisse des prix si l'offre monétaire ne change pas et au contraire. La théorie néo-classique estime la direction causale allant de la demande globale au prix, le prix est la variable d'ajustement sur le marché des biens, il varie jusqu'à ce qu'on obtienne l'équilibre entre l'offre et la demande globale des produits.

            3. La croissance et l'inflation dans la théorie keynésienne:

            Dès la fin du dix neuvième siècle, la théorie classique était critiquée par un certain nombre d'auteurs (K.Wicksell, A.Aftalion, J.M.Keynes, D.Patinkin[3]...) qui rejetaient l'idée de neutralité de la monnaie dans le processus de la production. Ils ont réexaminé la relation entre l'offre et la demande monétaire et trouvé que le taux d'intérêt, prix de la monnaie, est le pont de lier le secteur réel et le secteur monétaire. Ils ont trouvé aussi la nécessité de l'utilisation conjointe des variables réelles et des variables monétaires pour déterminer simultanément les grandeurs économiques, notamment le volume de la production et le niveau de prix absolus. L'approche dichotomique des classiques et néo-classiques est donc replacée par une autre approche - approche intégrée productive-monétaire.
           
            Keynes dans son oeuvre connu "Théorie Générale" a synthétisé ces critiques. Il estime qu'un accroissement de la quantité de monnaie en circulation, quelle qu'en soit la nature, crée une demande excédentaire de marchandises par rapport à l'équilibre initial. Cette quantité de monnaie influe sur le taux d'intérêt, ensuit, ce taux détermine par comparaison avec l'efficacité marginale du capital, le volume d'investissement. Ce volume d'investissement agira donc sur la demande effective et par là sur la production. Il y a deux possibilités: (1) Ou bien l'économie se trouve en situation de plein emploi; et (2) Ou bien il existe un potentiel de production inemployé. Dans le premier cas, l'excédent de demande provoqué seulement par l'accroissement de la circulation monétaire, ne peut provoquer un accroissement de l'activité économique; donc on risque de constater une hausse du niveau général de prix sans l'augmentation du taux de croissance. Dans le second cas, au contraire, l'offre des biens et des services peut répondre à l'accroissement de la nouvelle demande parce qu'il existe un potentiel de production, donc les prix ont tendance à rester stables ou à enregistrer une faible hausse alors que le taux de croissance économique augmente. Ainsi, dans les modèles keynésiens de court terme, la relation croissance et inflation est comme suit: soit l'inflation sans la croissance économique, soit l'accroissement du taux de croissance sans inflation ou avec une augmentation faible du taux d'inflation.

            Keynes conserve l'analyse à la marge élaborée par les néo-classiques, mais il ajoute deux variables exogènes: le taux du salaire nominal et la quantité de monnaie en circulation. La première est constante et imposée par les syndicats à cause de la situation du chômage et la deuxième est déterminée par les autorités monétaires. Il formule ensuite trois fonctions, dites fonction de consommation, fonction d'investissement et fonction de liquidité. Enfin, sur ces bases, il élabore son modèle et procède à la détermination du volume de production et du niveau des prix. Tous les modèles macro-économiques keynésiens traditionnels considèrent l'épargne comme l'origine de l'investissement alors que celui-ci est le facteur décisif du processus de croissance de long terme. En courte période, la structure de l'appareil productif et la technique de fabrication peuvent être considérées comme données. La production réelle globale enfin est une fonction de la quantité d'emploi exogène. Plus le nombre de personnes au travail augmente, plus la production s'accroît. De plus, ce n'est pas le niveau des salaires nominaux mais la demande attendue par les entreprises (demande effective) qui constitue le facteur déterminant du niveau de l'emploi[4]. En réalité, comme les commandes attendues sont souvent insuffisantes, il y a toujours chômage. La baisse des salaires n'est généralement pas un moyen de résoudre les difficultés car elle provoque une baisse de la demande aux entreprises qui conduit celles-ci à réduire l'emploi. Keyne admet le postulat que les entrepreneurs payent les salariés (W) à la productivité du travail (dY/dN) car cela maximise leurs profits, c'est à dire le salaire nominal est déterminé comme suit:
                                               Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image010.gif                           (N: emploi)
D'où vient, à courte période, le niveau absolu des prix est déterminé à partir du salaire nominal, qui est une donnée déterminée extérieurement au système. Comme Y=Y(N), on a P=P(N). A chaque niveau d'emploi correspond donc, pour un salaire nominal donné, un niveau général des prix bien déterminé (exogène). P=Po, c'est à dire le niveau des prix à court terme est un élément prédéterminé qui ne résulte pas de l'équilibre économique général.

            Car le prix et le salaire nominal sont considérés comme paramètres dans le court terme, dans les modèles keynésiens, la relation prix-croissance allant du prix à la production. Si le gouvernement mène une baisse exogène des prix, on obtiendra une augmentation du salaire réel, ce qui provoque une diminution des embauches de la part des entreprises et un ralentissement de la croissance économique. Keynes montre encore deux autres conséquences qui s'ajoutent à la chute de l'activité économique: 1) Si le prix baisse, le poids des dettes à rembourser augmente, ce qui peut entraîner des faillites; 2) Une déflation conduit les agents à anticiper d'autres baisses des prix, donc à différer des achats. Si le gouvernement réalise une augmentation exogène des prix, on obtiendra un résultat contraire.

            Bien que la relation direct entre la croissance et l'inflation n'existe pas dans les modèles keynésiens traditionnels, surtout en court terme lorsque les facteurs technologiques et du capital sont fixés, à long terme, la productivité physique du travail dY/dN tend à décroître à mesure que l'emploi augmente, on doit admettre que le niveau général des prix tendra à monter pour que le salaire nominal W soit maintenu constant. C'est à dire une augmentation de l'emploi qui provoque l'augmentation de la production, entraîne la hausse des prix. La croissance rapide s'accompagne l'inflation.

            4. La croissance et l'inflation dans la théorie neo - keynésienne :

            Les néo-keynésiens trouvent que Keynes a posé plusieurs hypothèses dans sa théorie, comme la présence d'une illusion monétaire, la rigidité des salaires nominaux, une économie fermée et des anticipations exogènes. Le modèle keynésien, en nature, est un modèle de court terme d'une économie fermée soumise à des anticipations pessimistes et à des salaires rigides. Il n'est donc pas adapté aux économies modernes qui connaissent une croissance rapide et une inflation de long terme. C'est pour cela que les néo-keynésiens se concentrent sur l'étude de la croissance durable avec l'idée principale de présenter une dynamique du déséquilibre.

            D'après cette école, car dans le modèle keynésien classique, le marché monétaire est étudié indépendantement, on a rencontré plusieurs difficultés dans l'explication de l'inflation, on a donc pensé à ajouter le marché de travail dans les équations de l'analyse de l'inflation. C'est la période où la courbe connue Philip apparaît. Ils et les non-accélérationnistes[5],[6] estiment que la relation inverse entre inflation et chômage à moyen et long terme existe, car si une expansion de la demande globale apporte plus d'inflation et plus d'emploi, les chômeurs accepteront un nouvel emploi contre un salaire et une position sociale stable sans suivre l'illusion d'inflation. Dans cette situation, la politique monétaire soit maintient un taux d'inflation élevé (mais stable ou bien non-accéléré) afin d'avoir un taux du chômage faible et un taux de croissance élevé, soit réduit le taux d'inflation en acceptant le chômage élevé et le taux de croissance faible. La relation croissance - inflation est positive.

            Cette école a modifié la relation C + I < C + S fixé par Keynes (qui est la base important pour expliquer le chômage car l'investissement est inférieur à l'épargne) en la remplaçant par C + I > C + S. Cette modification a entraîné une relation directe entre le prix et la production, selon laquelle, le déséquilibre macro-économique ne peut apparaître que dans le cas où les producteurs investissent plus que la capacité de l'épargne de la population. L'investissement est élevé, la croissance est rapide mais en même temps, l'inflation augmente. Dans cette situation, il est indispensable d'encourager l'épargne, limiter l'investissement et modérer la croissance afin baisser l'inflation. Cette théorie s'appelle la théorie de "l'écart inflationniste", la version néo - keynésienne de l'inflation par la demande.

            Une autre idée d'explication de la relation croissance-inflation est la thèse développée par François Perroux: l'inflation structurelle. En fait, il a montré l'insuffisance des analyses, en particulier néo-classiques, qui négligent non seulement les inégalités et les rapports de force entre les agents, mais aussi entre les facteurs de production et les pays. Selon lui, la croissance des économies industrialisées s'accompagne d'un développement rapide du secteur tertiaire. Or, dans ce secteur, les accroissements de productivité sont faibles et les accroissements de salaires ont tendance à excéder les accroissements de productivité. Il s'ensuit forcement une hausse des prix dans laquelle les phénomènes monétaires ne jouent aucun rôle. Alors la croissance économique devrait s'accompagner l'inflation. La théorie structuraliste de l'inflation a été largement utilisé dans l'analyse des causes de l'inflation dans les pays en développement.

            Les changements des théories cependant ne peuvent pas expliquer les phénomènes économiques dans les dernières décennies, surtout l'apparition de l'inflation et de la sous - utilisation des capacités productives, assortie de chômage à la fois. Les néo-keynésiens sortent une autre idée: L'inflation par les coûts. Cela signifie que l'on retourne au marché du travail pour chercher la réponse. Le mécanisme de la formation de l'inflation est comme suit: Hausse de la demande globale Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image012.gif Accroissement de la production  Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image014.gif Accroissement de la demande de travail  Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image014.gif Hausse de salaires nominaux  Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image014.gif  hausse des coûts  Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image014.gif Inflation.

            Ainsi, la relation entre la croissance et l'inflation est la conséquence de la relation entre  l'accroissement désiré de production et la demande de travail, la relation positive entre le taux de croissance et le taux d'inflation est  claire selon cette école. Si le taux du chômage est connu, on peut prévoir les variations des prix d'après la courbe de Philips et déterminer la production potentielle selon la loi d'OKUN. Dans ce cas, les accroissements de productivité du travail seront l'arbitrage entre la croissance et l'inflation.

            5. La croissance et l'inflation dans la théorie monétariste :

            La théorie monétariste est un développement de l'école néo-classique. Selon le résumé de W. Poole[7], M. Friedman et les économistes monétaristes ont huit propositions principales dont les trois premières sont comme suit: 1) l'inflation est un phénomène purement monétaire, une variation de 10% de la quantité de monnaie provoquera certainement une variation de 10% du niveau général bien que cela puisse ne pas se passer immédiatement. 2) A court terme, une variation du taux de croissance monétaire, surtout si cela n'est pas anticipé, entraîne le changement du niveau de la production; et en même temps le prix s'ajuste. Le cycle d'affaire de court terme, boom et récession, est tout d'abord causé par l'instabilité monétaire. 3) A long terme, le taux de croissance de l'économie est complètement indépendant au taux de croissance monétaire. M. Friedman[8] a écrit: "Dans une optique à long terme, il n'y a pas de relation entre le taux d'inflation et le taux de croissance ou de chômage. Il est possible qu'il y ait plein emploi alors que l'inflation est nulle. On peut avoir aussi une période de plein emploi avec un taux d'inflation de 10% par an, à condition que ce soit sans interruption". Ainsi, l'inflation et la croissance économique sont les phénomènes indépendants à long terme.

            Cependant, les monétaristes reconnaissent qu’à court terme, le dilemme inflation - chômage a certaine réalité, c'est à dire il y a une relation inverse entre le taux des variations du salaire nominal et le taux du chômage. Selon eux, la politique monétaire peut agir sur l'emploi, réduire le chômage et aider la croissance dans une courte période, mais non dans une longue période. Cette optique tout d'abord est tirée de la remarque que l'expansion monétaire va stimuler l'investissement, qui à son tour créera des nouveaux emplois et stimuler la croissance économique. En suite, on trouve que quand le taux d'inflation réel est plus élevé que le taux anticipé par des travailleurs, ces derniers pensent qu'ils touchent un salaire réel plus élevé que celui prévu, ils travaillent donc mieux. L'inflation crée, en nature, une illusion salariale pour les travailleurs dans une courte période. Enfin, cette optique a été justifiée par quelques études empiriques.

            Mais il ne s’agit là que d’un résultat de nature transitoire. Les monétaristes refusent l’existence de la courbe de Philips en long terme donc on ne peut avoir moins de chômage ou plus de croissance en acceptant plus d’inflation. L’analyse de Philips peut être acceptable lorsque les variations de prix sont négligeables, elle perd toute signification quand l’inflation est forte parce que dans cette situation, les gens ne pensent qu’à valeur réelle du salaire. M. Friedman[9],[10] estime que tous les efforts pour baisser artificiellement le taux de chômage au dessous de son taux naturel provoqueront l'inflation et feront la monter indéfiniment. Il raisonne sur la base de la théorie économique néo-classique, comme suit: supposons qu'il existe un taux du chômage naturel où le salaire réel est à l'équilibre de long terme. Pour réduire le taux du chômage au dessous du taux naturel, les patrons doivent embaucher en plus des ouvriers et des employés potentiels doivent avoir envie d'être embauchés. Toutefois, en réalité, les patrons n'embauchent que nouveaux employés si le salaire réel actuel baisse; par contre, les employés potentiels ne sont que prêts de travailler s'ils obtiennent un salaire réel plus élevé que le salaire actuel. Le salaire réel ne peut pourtant pas augmenter et baisser en même temps, la réduction du taux du chômage au dessous du taux naturel provoquera déséquilibre économique à long terme. En fait, dans le raisonnement ci-dessus, en créant l'illusion monétaire chez les ouvriers, on peut obtenir un taux du chômage au dessous du taux naturel, mais cet équilibre n'est pas stable et à court terme. Quand les ouvriers trouvent leur erreur, ils réclameront un salaire nominal plus élevé, et encore plus élevé pour compenser la part perdue auparavant. Le patronat doit satisfaire cette demande s'il veut garder ses employés, il doit donc augmenter le prix de ses produits, ce qui provoquera un nouvel spirale d'inflation par les coûts.

            En bref, les théories macro-économiques donnent des explications très différentes sur la relation causale entre la croissance économique et l'inflation. Les théories classique et néo-classiques rejettent cette relation à court terme, mais reconnaissent possible une relation négative à long terme. En revanche, les keynésiens et néokeynésiens ont tendance à estimer que la croissance économique et l'inflation sont les phénomènes indépendants à court terme, mais interdépendants de façon positive à long terme. Pour les monétaristes, la croissance et l'inflation ont la relation positive à court terme, mais indépendantes à long terme.


       II. Relation empirique entre la croissance économique
            et l'inflation : l'expérience mondiale

            Alors que les théories donnent des explications diversifiées sur la relation inflation-croissance, l'analyse de relation empirique entre les variations du prix à la consommation et celles du taux de croissance du produit intérieur bruit des pays dans le monde a aussi largement montré la diversité selon la géographie et le temps, mais n'a toujours permis d'établir aucune relation précise entre ces deux séries statistiques, que l'on s'attache à une comparaison par pays, par périodes ou même par secteurs.

            Depuis longtemps, les économistes mondiaux, et notamment les experts de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et des Institutions Financières Internationales (FMI, BM...) tous reconnaissent la diversité des taux de croissance économique et ceux de l'inflation dans tous les pays dans le monde. Ainsi, tout naturellement, ils ont étudié les données statistiques afin d'éclairer les relations possibles entre ces deux indicateurs, surtout pour valider l'une des deux hypothèses suivantes :
            - L'une considère l'inflation comme un stimulateur de la croissance économique;
            - L'autre estime que l'inflation décourage la croissance économique;
(mais on ne s'intéresse pas à l'impact de la croissance sur l'inflation)

            Selon les études de Thirwall-Barton[11] pour la période 1958-1967 sur 51 pays observés, si on décrit sur un même diagramme des taux annuels moyens d'inflation et des taux annuels moyens de croissance économique, on ne peut trouver aucune relation claire entre les deux indicateurs. La dispersion des points est très grande et ne saurait, éventuellement, être interprétée que comme une relation négative. Ce premier résultat brut a incité les auteurs à qualifier la relation, d'une part, par le niveau de développement des différents pays, en fonction de l'hypothèse que plus le pays est pauvre, plus le bilan des effets favorables de l'inflation sur l'investissement et des effets défavorables sur l'allocation des ressources risque d'être négative, d'autre part, par le niveau moyen du taux d'inflation, en fonction de l'hypothèse qu'au-delà d'un certain seuil, fixé pour chaque période (pour la décennie soixante est à 10%), l'inflation devient une entrave à la croissance.

            Ainsi, pour les pays bénéficiant d'un niveau de revenu annuel par tête supérieur à 800 dollars en 1963, (17 pays), on trouve une relation positive entre croissance et inflation. Mais tous les taux d'inflation sont, pour la période étudiée, inférieurs à 6%, tandis que pour les pays les plus pauvres (34 pays), où les taux d'inflation étaient plus dispersés, la relation n'est nette que pour ceux dont les taux d'inflation sont supérieurs à 10% (7 pays) mais elle est bien négative. Cependant, ils n'ont pas encore répondu les deux questions majeures : (1) Pourquoi ne coïncidaient pas les taux de croissance et les taux d'inflation ? et (2) Quelle est la direction de causalité qui unissait la croissance de la production et l'augmentation des prix ?

            Bien que la relation croissance - inflation des pays industrialisés semble positive durant la décennie soixante, Danièle Blondel et J.M Parly[12] en se basant sur les données de la moitié de la décennie soixante dix (1971-1974) ont vu les changements de façon inverse: (1) Bien que les taux de croissance économique moyens de l'ensemble des pays industrialisés (17 pays) soient sensiblement égaux, le décalage des taux d'inflation a plus que doublé; (2) Le rapport du taux de croissance au taux d'inflation s'est pratiquement inversé, en réalité, auparavant, le taux d'inflation était systématiquement inférieur, et de presque la moitié, au taux de croissance, la période 1971-1974 a vu des taux d'inflation nettement supérieurs aux taux de croissance, dans la situation générale, de double ou de plus de double; 3) Les taux d'inflation les plus faibles (6-7%) correspondent à des taux de croissance divers allant de 2,9% en Allemagne à 5,7-5,8% au Canada et en Autriche.

            Ensuite, A.J. Brown[13], avec une étude de la relation croissance - inflation de la période de forte inflation 1973-1978 pour 28 pays, a trouvé qu'il existe une corrélation positive mais non-significative, entre les taux d'inflation et les taux de croissance du PIB réel par tête. Cependant, ce coefficient positif apparaît à cause de l'entrée des données des deux pays Brésilien et Indien dans le modèle estimé parce que ces pays ont les taux de croissance et les taux d'inflation à la fois élevés. Si on supprime les données de ces deux pays, la relation devient négative. Pour le cas des grands six pays industrialisés, il a trouvé la corrélation négative mais aussi non-significative. D'autre part, lors de la comparaison des données des 13 pays industrialisés durant une long période, il a montré que cette relation est légèrement négative, non-significative durant la période 1950-1979, mais positive durant une centaine années 1870-1979.

            L'une des plus récentes études sur ce domaine est d'Aristomène Varoudakis[14]. Selon son étude, la relation entre le taux d'inflation et le taux de croissance économique pour l'ensemble des douze pays de l'Union Européenne sur la période 1961-1992 est significativement négative. Le coefficient de corrélation entre les deux variables sur la période étudiée est de -0,52. Une hausse du taux d'inflation a donc d'après lui, de fortes chances d'être suivie d'un ralentissement de la croissance économique à long terme. Cette relation est très probablement causale, elle traduit les effets des distorsions de la structure productive que peut entraîner l'inflation. Cependant, "il faut souligner que cette relation négative entre le niveau du taux d'inflation et le taux de croissance doit être interprétée comme une relation valable à long terme. A court terme, l'inflation peut varier de manière non-anticipée, ce qui peut générer une association positive avec l'état de la conjoncture. Une telle association peut, en effet, être établie statistiquement entre les variations annuelles du taux d'inflation et le taux de croissance économique. Dans le cas des douze pays de l'Union Européenne et sur la période 1962-1992, on peut établir une corrélation positive (relativement faible) de l'ordre de 0,1 entre les deux variables. Aux accélérations de l'inflation seraient donc généralement associés des taux de croissance économique relativement élevés, correspondant à des phases d'expansion de l'activité économique. En revanche, les ralentissement de l'inflation seraient liés à des faibles taux de croissance ou à des récessions de l'activité économique".

            La relation négative entre croissance et inflation est encore trouvée dans quelques études de régression de panel de S.Fischer (1983 et 1993), Gylfason (1991), Barro (1992, 1993) ou J. Gregorio (1993). Le coefficient de la variable inflation dans la plupart de ces études est significatif. De long et Summer (1992) et Levine et Zervos (1992) ont trouvé une inflation faible accompagnant la croissance économique élevée mais ces relations ne sont pas robustes. Dans toutes ces études, on considère l'inflation comme un facteur explicatif de la croissance avec l'idée que l'inflation élevée provoquera la chute du taux de croissance économique.

            En bref, bien que les études empiriques internationales ne donnent pas les conclusions concrètes et solides sur la relation entre la croissance économique et l'inflation, on peut résumer les principaux résultats comme suit :
            - Pour les pays développés, si l'inflation est faible (moins de 6%), il y a une relation positive entre le taux de croissance et le taux d'inflation. En revanche, si l'inflation est modérée, cette relation est négative.
            - Pour les pays en développement, lorsque l'inflation est au niveau faible ou modéré (moins de 10-20%), on ne trouve pas une association claire entre la croissance et l'inflation. Par contre, quand l'inflation est élevée, cette association est négative. Ainsi, on peut dire que le taux de croissance augmentera si le taux d'inflation annuel baisse de 50% à 20%, mais une baisse du taux d'inflation de 10% à 4% ne peut pas provoquer une hausse du taux de croissance économique selon ces études empiriques.

            Donc, les résultats sont un peu différents entre les deux groupes pays développé et en développement. Pour compléter cette étude, nous étudierons ci-dessous le cas des pays en développement asiatiques, mais avec une approche différente: la direction causale allant de la croissance à l'inflation.


            III. Relation empirique entre l'inflation et la croissance économique:
                 le cas des pays asiatiques en développement

            1) La caractéristique de la croissance et de l'inflation
                 des pays en développement asiatiques :

            a) L'évolution de la croissance et de l'inflation:

            Les deux tableaux n°1 et n°2 montrent deux caractéristiques importantes des pays en développement asiatiques comme suit :
            - Ces pays ont le taux de croissance économique le plus élevé du monde durant la
               période 1960-1995 ;
            - En même temps, ils ont un taux d'inflation modéré et le plus faible par rapport à 
               l'ensemble des pays en développement.

            En effet, les taux de croissance économique annuel des pays en développement de l'Asie de l'Est et du Pacifique étaient de 7,2% ; 7,9%; et 9,4% durant les périodes 1965-1980, 1980-1990 et 1990-1994 respectivement tandis que ces chiffres dans les économies à faible revenu étaient de 5,5%; 2,9% et 1,1%, dans les économies à revenu intermédiaire: 6,1%; 2,2% et 0,2%, et dans les économies à revenu élevé : 3,7%; 3,2% et 1,7%. D'autre part, ces chiffres montrent clairement que le taux de croissance économique des pays en développement asiatique a sans cesse augmenté alors que dans toutes les autres régions, ce taux a spectaculairement baissé durant les périodes étudiées. En outre, on a une remarque que les pays en développement de l'Asie de l'Est et du Pacifique ont atteint un taux de croissance très élevé, 8,3% /an et la Chine 11%/an durant une longue période 1980-1994. Cela prouve que le maintien d'un taux de croissance économique élevé durant une longue période est réaliste.

            Le taux d'inflation des pays en développement asiatique est le plus bas du monde des pays en développement. Il était environ à 9-10%/an durant les trois dernières décennies tandis que dans les autres régions, ce taux a varié de 20% à 335%/an. Même dans les années de forte croissance (1990-1994), l'inflation en Chine n'était que de 10,8%/an.

            Les remarques sur l'expérience empirique ci-dessus posent deux questions: 1) Existe-t-il une relation de causalité entre la croissance rapide et l'inflation faible ?, et 2) Quelle est la direction de cette relation causale ?. Il est surprenant que dans les pays développés, le taux d'inflation était très bas et a sans cesse baissé, accompagnant une chute considérable du taux de croissance économique. La deuxième remarque est le cas des pays africains, notamment les pays de la zone franc, où l'inflation est très faible et la société est stable mais on ne trouve pas de croissance. La dernière remarque est le cas des pays latino-américains et pays à revenu intermédiaire qui ont obtenu un taux de croissance économique assez élevé (plus de 6%) durant l'instabilité économique et l'inflation élevée des années 1965-1980. Ainsi, si la relation causale existe, l'inflation faible peut ne pas contribuer à la croissance économique, mais, le taux de croissance faible (élevé) peut expliquer le faible (élevé) taux d'inflation.

            b) La surchauffe économique et l'inflation, ou l'inflation de croissance

            La surchauffe économique prend place dans l'évolution économique qu'ont connue les pays occidentaux depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale jusqu'au début des années 1970. Elle se passait également dans un bon nombre des pays asiatiques depuis 1960 jusqu'à présent. Cependant, cette croissance économique rapide s'est accompagnée par une hausse plus ou moins rapide, mais quasiment ininterrompue, des prix, c'est à dire par la présence permanente de l'inflation.

            Les deux phénomènes d'inflation et de surchauffe économique ont une relation positive selon la théorie keynésienne. La croissance, selon cette école, part de l'augmentation de demande. Or, "l'inflation consiste en un excès des flux de demande de bien par rapport aux possibilités de l'offre (surchauffe), excès provoquant un mouvement autoentretenu et irréversible de hausse des prix ainsi qu'un épuisement progressif des ressources nationales de devises étrangères"[15]. En fait, un excès des sollicitations de la demande peut entraîner une stimulation du taux d'activité de la main d'oeuvre, un déséquilibre de la balance des paiements s'il n'existe pas un mouvement contraire de capitaux (investissement étranger direct ou aide officielle pour le développement), un déséquilibre dans la structure des activités productives, et même un déséquilibre dans la population active en raison de l'immigration excessive de main d'oeuvre étrangère. Tous ces facteurs créent une tension dans les marchés domestiques et par là, une inflation. Donc, l'inflation est l'une des conséquences possibles de la surchauffe économique.

            Face au phénomène de surchauffe économique, on estime que la surchauffe n'est qu'un phénomène de type de conjoncture de croissance. Quand la surchauffe apparaît, on mène une politique de régulation antisurchauffe, surtout les politiques monétaire et budgétaire, le taux de croissance économique baisse et l'inflation est comprimée. Ainsi, la croissance et l'inflation ont tendance à stabiliser au niveau bas.

            En réalité, les économies asiatiques de l'Est ont un taux de croissance de plus en plus élevé et autoentretenu sans inflation considérable durant la période 1960-1994. Ainsi, le maintien d'un taux de croissance élevé et prolongé peut-il contribuer au maintien d'un taux d'inflation faible ? On reconnaît que la demande des pays en développement asiatiques s'accroît rapidement, si elle n'est pas satisfaite par un augmentation rapide de l'offre, il y aura un déséquilibre et l'inflation. Un taux de croissance de moins de 5%/an est considéré comme dangereux pour ces économies.

            Si dans la plupart des études antérieures, on se concentre à analyser l'impact de l'inflation à la croissance et la variable "croissance" n'est pas fait entrer dans l'équation "inflation", dans cette étude, nous suivrons l'approche contraire pour analyser l'impact du processus de croissance économique (rapide) sur la stabilité du niveau général des prix.

            2) La méthode d'analyse de la relation inflation - croissance :

            Pour étudier le rôle de la croissance économique sur l'inflation, nous utilisons trois méthodes, d'abord celle de corrélation directe entre ces variables, ensuit la méthode de l'analyse de causalité de Granger, et enfin la régression multivariables explicatives.

            a) Les régressions linéaires :

            La première méthode a été largement utilisée, son modèle traditionnel est l'équation de régression linéaire directe du taux d'inflation au taux de croissance économique. L'inflation est donc simplement définie comme une fonction du taux de croissance de l'économie, c'est à dire:
                                               p  =   a * g   +  c  +  u                                                            (1)
avec    p : Le taux d'inflation annuel (%);
            g : Le taux de croissance économique annuel PIB, (%);
            a et c : Les paramètres constants;  u : L'erreur aléatoire.

            Ce modèle montre une relation simple et directe entre le taux de croissance économique et le taux d'inflation. Selon les expériences de la gestion économique, nous espérons que le coefficient (a) est positif, ce qui veut dire qu'une augmentation du taux de croissance économique entraîne une augmentation du taux d'inflation. Ce modèle suppose que ces deux variables sont homogènes de degré zéro. A côté de ce modèle, on peut utiliser quelques autres modèles comme la régression directe de l'indice d'inflation à l'indice de croissance ou la régression des variations du taux d'inflation à celles du taux de croissance économique...

            La base théorique de cette relation est la courbe de Phillips (figure n°1) et la loi d'Okun (figure n°2). En fait, la courbe de Phillips établit une relation négative entre le chômage et l'inflation et est donc censée offrir aux pouvoirs publics le choix entre diverses politiques. Ainsi, la lutte contre le chômage (point A) implique une inflation accrue et la lutte contre l'inflation (point B) requiert une hausse du chômage. Cette relation est modélisée par l'équation :  p = f(u)     (2)

Figure n°1                                                                  Figure n°2
Inflation                                                                    Chômage











                  A  
                  *

                                              B
                                             *








                                   Chômage                                                                   le PIB tendanciel


            La loi d'OKUN associe les fluctuations du PIB réel y autour de son sentier de croissance tendanciel y* aux fluctuations en sens opposé du taux du chômage u autour de son taux d'équilibre u*. Cette relation est illustrée par l'expression qui suit :

                                             u  -  u*  =  - g (y - y*)                                                                       (3)

La loi d'OKUN implique que le chômage augmente en phase de récession et baisse en phase d'expansion. En combinant les formules (2) et (3), on arrive à une relation entre l'inflation p et la croissance y comme le montre le modèle (1). Burda M. et Wyplosz[16] ont construit la courbe de l'offre agrégée et l'inflation comme dans la figure n°3

                                               Figure n°3:  L'offre agrégée et l'inflation

                                   Inflation


Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image019.gif









                                                                                   Production

            b) Relation causale au sens de Granger

            La deuxième méthode est l'utilisation de relation causale au sens de Granger. En fait, la théorie économétrique montre que la bonne corrélation entre les taux de croissance et d'inflation n'implique pas une relation de causalité entre eux. Pour traiter le problème de relation causale, Granger a présenté une méthode d'approche suivante: Lorsqu'il y a deux séries temporelles X et Y, on dit que la variable X cause la variable Y quand et seulement quand les valeurs retardées de X et de Y peuvent mieux prévoir la valeur réelle de Y que les seules valeurs retardées de Y peuvent. Cela signifie que lorsqu'on ajoute les valeurs retardées de X à l'équation de l'explication de Y, la qualité de l'équation s'améliore et les coefficients des variables X retardées sont statistiquement significatifs.

            Appliqué dans l'étude de la relation croissance - inflation, nous régresserons le taux d'inflation au taux de croissance et à lui-même selon le modèle suivant:
                        Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image021.gif                                                              (2)
Si les Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image023.gif= 0, (i = 1, 2, ... , k), cette méthode permet de conclure qu'une augmentation du taux de croissance économique n'entraîne pas la hausse du taux d'inflation. La longueur des retards k est déterminé selon des données disponibles et des relations économiques concrètes.

            c) Le modèle multivariables explicatives
            Dans cette méthode, nous utilisons le modèle hybrique  qui consiste en toutes causes de l'inflation selon les écoles théoriques de l'inflation.

            + Les causes keynésiennes et néo-keynésiennes:
            La théorie keynésienne donne deux sortes principales de causes de l'inflation :
            - L'inflation par la demande, par exemple, une hausse des dépenses gouvernentales ou de l'offre nominale de la masse monétaire. Dans l'optique keynésienne, la depense budgétaire a des effets contradictoires sur l'évolution du niveau général des prix: D'une part, l'augmentation des dépenses publiques accroît la productivité du travail à court terme grâce à son impact sur l'activité économique, ce qui baisse le taux d'inflation. D'autre part, la pression exercée sur la demande et les taux d'imposition peut provoquer des revendications salariales et avoir des effets néfastes sur la productivité du travail. En général, la pression sur les capacités de production et les hausses des salaires sont à l'origine d'une accélération de l'inflation[17].

            - L'inflation par les coûts, par exemple une augmentation du prix des salaires nominaux ou des matières premières. Généralement, les deux groupes de causes se cumulent dans un processus dynamique; l'inflation autonome devient une inflation induite de la période suivante. Par exemple, une inflation provoquée par la demande conduira les salariés à souhaiter un rattrapage de la hausse du prix par une augmentation des salaires, qui entraîne la nouvelle hausse des prix.
            Donc, le modèle de l'explication de l'inflation de type keynésienne peut être écrit comme suit:
                                               Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image025.gif
dont:    p : taux d'inflation,                 +  +   +  +   +
            w : taux de croissance du salaire nominal
            pi : taux de variation du prix des importations, prix en monnaie locale,
            D : taux du déficit budgétaire sur le PIB
            m : taux de croissance de la masse monétaire
            -1 : L'indice de l'année précédente
           
            + Les causes classiques et néo-classiques:
            Selon les écoles classique, néo-classique dont le plus représentant est M.Friedman, la cause directe de l'inflation est la croissance excédentaire de la masse monétaire, la cause profonde est le déficit budgétaire et les anticipations inflationnistes. Dans cette optique, les relations entre le budget et l'inflation dependent du type de financement de la dépense publique. Le point de départ de l'analyse se situe au niveau de la contrainte du budget des dépenses publiques, selon laquelle, le déficit réel peut être financé soit par une augmentation réelle de l'émission de titres publics, soit par une augmentation de la masse monétaire réelle, soit par une combinaison des deux (sans emprunt étranger). La première mesure est le cas ricardien où le déficit budgétaire n'a aucun impact inflationniste. Par contre, avec la deuxième mesure, le déficit budgétaire est à l'origine d'un processus inflationniste parce que plus il est élevé, plus l'émission monétaire est grande. Or, pour les agents, dont les anticipations rationnelles sont la base du modèle monétariste, la hausse des prix est égale au taux d'émission monétaire. Dans le troisième cas, lorsque le financement du déficit budgétaire est mixte, son impact inflationniste sera fonction de la part de l'émission monétaire dans ce financement.
            Ainsi, le modèle de l'explication de l'inflation est comme suit:
            (1)                                          p = s(m)
            (2)                                          m = m1 + m2
            (3)                                          m1 = t(D)
            (4)                                          m2 = k(g)
dont m1 et m2 sont respectivement les taux de croissance monétaire pour financer le déficit budgétaire et pour satisfaire le besoin monétaire augmenté par la croissance économique, g est le taux de croissance du PIB. La solution de ce modèle donne l'équation d'inflation :
                                                           p = p(D, g)
                                                                     +  +/-    
            + Les causes structuralistes:
            Selon cette approche, l'économie est souvent divisée en trois secteurs: l'industrie, l'agriculture et le commerce extérieur, et on analyse l'impact des élements structurels de chaque secteur sur l'évolution du niveau général des prix. L'un des modèles les plus utilisés consiste en huit équations suivantes[18]:
                                               Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image027.gif 
dont Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image029.gif sont respectivement les variations des prix dans l'industrie, l'agriculture et l'importation, Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image031.gif les variables qui mesurent l'élement structurel dans chaque secteur, Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image033.gif le taux de croissance du revenu et de la production réelle par tête dans l'industrie, u : le taux du chômage et ga : taux de croissance de la production agricole. Comme la productivité est supposée proportionnelle à la croissance économique et le taux du chômage est fonction décroissante de l'offre monétaire et fonction croissante de l'offre de travail, on peut retenir l'équation du taux de variation du prix par la méthode de substitution à partir de toutes les équation du modèle. Pour simplifier dans le cas d'un modèle agrégé, le modèle structuraliste peut s'écrire comme suit:
                                               p = p(g, l, Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image035.gif)
avec l : taux de croissance de la force du travail.

            Comme pi = p*.e, dont p* est la variation du prix d'importation en devises et e le taux de change, cette équation devient:
                                               p = p(g, l, p*, e, m-1)
                                                         + -  +    +   +    

            + Le modèle retenu à estimer :
            En combinant toutes les modèles ci-dessus, on arrive au modèle suivant à estimer:
                                   p  =  p (g, l, D, w, p*, m, m-1, e, Description: C:\Users\Duc\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\01\clip_image037.gif)
                                                +  -  +   +  +    +    +     +   +

            Bien que notre objectif soit d'étudier la relation de long terme et on ait besoin des séries de plusieurs années, nous n'avons que les données issues des Statistiques Financières Internationales (SFI) du Fond Monétaire International (FMI), des World Tables de la Banque Mondiale et ... du Bureau International du Travail, les estimations économétriques débuteront donc pendant les années 60s qui ont marqué le commencement de l'accélération des taux de croissance économique et d'inflation de la plupart des pays en développement en Asie. Elles s'arrêteront en 1993-1995 en raison de la disponibilité des statistiques. La plupart des données utilisées sont tirées des SFI du FMI. Dix neuf pays sont fait entrer dans la calculation.

            d) Les tests de stationnarité :

            Les fonctions de régression précédentes ne peuvent être estimées correctement que dans le cas où les variables concernées sont stationnaires, autrement dit, intégrées d'ordre zéro. En effet, la régression de séries non stationnaires conduit à un vecteur d'erreur non stationnaire. Dans le cas où ces variables ne sont pas stationnaires, autrement dit elles présentent une racine unitaire, il faut vérifier si elles sont intégrées d'ordre un et co-intégrées afin de choisir la méthode d'estimation convenable soit à partir d'un modèle à correction d'erreur, soit simplement sur les taux variations. Ainsi, nous devons faire les tests pour vérifier la stationnarité des séries utilisées. Si les séries sont stationnaires, les tests et les corrélations permettent d'examiner si les séries tendancielles ont des mouvements conjoints ou une relation dite de long terme.

            Le niveau d'intégration des variables a été testé par le test de Augmented Dickey and Fuller (ADF) dans le logiciel EVIEWS. Les résultats pour les deux séries croissance et inflation, reportés dans le tableau n°3, montrent que pour la plupart des pays en développement en Asie, les séries des taux d'inflation et de croissance sont stationnaires à l'ordre zéro, au moins au seuil de 10%, c'est à dire on peut appliquer directement la méthode de moindre carré ordinaire dans l'estimation des modèles.

            Cependant, il y a quatre cas spéciaux, dont le premier est Hongkong avec la série du taux de croissance économique non-stationnaire d'ordre zéro, elle est stationnaire en première différence, c'est à dire intégrée d'ordre 1. Les trois suivants sont Fiji, Birmanie et le Samoa de l'Ouest dont leurs séries de taux d'inflation sont aussi stationnaires en première différence (voir le tableau n°4). Pour ces quatre cas, nous préférons choisir la régression simple des variations des taux d'inflation à celles des taux de croissance économique. La plupart des séries dans l'équation d'inflation retenue sont stationnaires à l'ordre zéro, notamment toutes les séries de panel sont stationnaires à ce niveau.



([1]) L.Walras, "Eléments d'économie pure", Paris, 1926, et "Abrégé des éléments d'économie politique pure", Paris, 1938.
([2] ) M. Dévoluy, "Théories macroéconomiques - Fondements et Controverses",
([3] ) Pascallon P. "La monnaie dans les modèles d'équilibre", 1974
([4])  J.M. Keynes, "Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie",
([5]) James Tobin, "Inflation and unemployment", Américain Economic Review, March, 1972, page 13
([6]) J. Tobin, "How dead is Keynes", Economic Inquiry, Ortober, 1977, pp 459-468
[7] W. Poole, "Money and the Economy - A Monetarist View", Addison-Wesley Publishing Company, 1979, p1.
([8] ) M.Friedman, "Inflation et système monétaire", Calmann-Lévy, Paris,1969.
([9]) Milton Friedman, "The Role of Monetary Policy", Americain Economic Review, March, 1968, pp 1-17, 
([10]) Milton Friedman, " Inflation and Unemployment", Journal of Political Economy, June 1977, pp 451-472.
([11]) Thirwall A.P, Barton C. "Inflation and Growth: The international évidence", Septeber 1971, repris dans (12) et (18)
([12] ) Blondel D. et Parly J.M. "L'inflation de croissance", PUF, 1977
([13]) A.J.Brown, Arthur Joseph "World Inflation since 1950 - An international Comparative Study", Cambridge University Press, 1985.
([14] ) Aristomène Varoudakis "La politique macroéconomique", Dunod, Paris, 1994
[15] E. James (1963) "Problèmes monétaires d'aujourd'hui", Edi. Sirey, Paris, p150.
[16] Burda Michael et Wyplosz Charles (1993), "Macroéconomie, une perspective europienne", Prémisses, De Boeck Université, p293.
[17] Le Page J.M.(1991), "Economie monétaire", Editions Cujas, p156
[18] Hagger A.J. (1977), "Inflation: Theory and Policy", The Macmillan Press Ltd.

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